Dernière mise à jour le mardi 5 août 2008
| Tempête. Grosse frayeur et conteneurs perdus |
L’équipage et les passagers du Horncliff n’oublieront pas de sitôt la tempête essuyée ce week-end au large de Brest.
La valse des conteneurs perdus en mer continue. Pris dans la tempête, à 540 km au large de Brest, un porte-conteneurs battant pavillon libérien qui faisait route vers Anvers a été sérieusement chahuté en fin de semaine dernière. Avant de trouver refuge dans le sud de l’Angleterre, à Falmouth, samedi vers 16 h, le Horncliff, un navire de 153 m, construit en 1992, a perdu une partie de sa cargaison, soit 90 conteneurs dont 60 réfrigérés.
Malades, secoués par les rudes conditions météo, six passagers et trois marins (sur les 31 personnes embarquées), dont le capitaine, ont dû être évacués en mer par les gardes-côtes britanniques.
Mission impossible
Pendant ce temps, une bonne partie des 90 boîtes abandonnées à la mer continuait de dériver, poussée par le vent et la houle puissante de cette nouvelle tempête. De son côté, la Marine nationale engageait des moyens pour récupérer les conteneurs perdus, véritables obstacles à la navigation. Mais les conditions musclées sur zone avec plus de 100 km/h en rafales ne facilitaient pas la tâche des marins de l’Alcyon et de l’Argonaute, le premier bâtiment de soutien ayant spécialement appareillé de Brest vendredi soir, le second ayant été dérouté d’une opération dans le golfe de Gascogne. On leur demande de localiser et de récupérer une à une ces boîtes gorgées d’eau. Autant dire mission impossible par mer démontée. Mais l’État se sera théoriquement donné les moyens d’agir...
Hier après-midi, ces conteneurs progressaient toujours vers les côtes bretonnes. Leur arrivée pourrait s’effectuer en fin de semaine, à condition que les conteneurs équipés de groupe réfrigérant ne sombrent pas. La plupart renferment des produits alimentaires et des fruits frais.
Faire cesser le danger
Le préfet maritime a "mis en demeure l’armateur et le capitaine du navire de faire cesser le danger représenté par les conteneurs à la dérive. Ce qui permettra à l’État de se retourner contre l’armateur pour les dépenses engagées lors des opérations de récupération ".
Stéphane Jézéquel