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A Brest, Océanopolis ouvre les portes des abysses

Dernière mise à jour le mercredi 11 avril 2012

Article paru sur le site "Le Nouvel Observateur" - Samedi 07 Avril 2012
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A Brest, Océanopolis ouvre les portes des abysses

Le parc de découverte des océans Océanopolis de Brest présente en première mondiale à partir de samedi des crevettes et crabes des abysses, évoluant sous les yeux du public dans des aquariums spécialement conçus pour reproduire les formidables pressions des profondeurs marines.

Avec ses tuyaux, ses plaques d’inox et de caoutchouc, l’aquarium AbyssBox, un caisson cylindrique avec un hublot rond en façade, ressemble à un "tambour de machine à laver", sourit son concepteur Bruce Shillito, de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) de Paris.

Pourtant, derrière le plexiglas conique d’une épaisseur de 8 cm, les mêmes hublots utilisés à bord du sous-marin de grande profondeur Nautile, règne une pression d’eau de mer de 180 bars -180 tonnes ou trois Airbus A320- assurée par une pompe industrielle.

"L’AbyssBox (16 litres, 600 kilos d’acier) est dérivé de l’Hypocamp, un caisson prototype qui résiste à 300 bars de pression (3.000 m)", explique Bruce Shillito en soulignant les patients tâtonnements de l’équipe de chercheurs pour adapter et régler le caisson à l’animal.

L’aventure dont Océanopolis, l’UPMC et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) sont les initiateurs et financeurs (environ 700.000 euros), a débuté en 2009, avec "le rêve un peu fou de présenter en permanence des créatures des grands fonds" à Océanopolis, explique sa directrice scientifique et culturelle Céline Liret.

En juillet 2011, le navire océanographique "Pourquoi pas ?" appareille de Brest pour trois semaines emportant le robot sous-marin ROV (remotely operated vehicle) "Victor 6.000" en direction de Lucky Strike, un volcan sous-marin de dorsale médio-Atlantique des Açores.

"300 crevettes et 11 crabes ont été capturés. En décembre, il n’y avait plus que 50 crevettes survivantes et trois crabes dont un, pas sociable, tuait les autres", explique le responsable de l’aquariologie à Océanopolis Dominique Barthelemy.

"Nous avons une crevette grainée", l’animal porte des oeufs sur son abdomen, une autre mue, le signe qu’elles se plaisent, se félicite-t-il.

En 2005, des scientifiques japonais avaient présenté au public des espèces prélevés à 1.000 mètres de fond, lors d’une exposition temporaire.

Océanopolis présente également les clichés du jeune biologiste marin Laurent Ballesta, 37 ans, qui a réussi à photographier pour la première fois au monde le mystérieux coelacanthe, ce poisson dont le fossile a été découvert en 1938 et qu’on a cru disparu depuis 65 millions d’années avant d’en pêcher un spécimen en 1952.

Les photos du poisson (2 m, 100 kilos) ont été réalisées au cours de 21 plongées à 120 mètres au large du Mozambique en janvier 2010.

"Je l’ai rencontré (le coelacanthe) dès la première plongée", s’émerveille toujours Laurent Ballesta encore en précisant que chaque sortie de 34 minutes nécessitait 5 heures de décompression avant de remonter à la surface.



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