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À Lannion, l’extraction de sable fait des vagues

Dernière mise à jour le mardi 21 février 2012

Article paru sur le site "Maville.com" - Jeudi 16 Février 2012
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À Lannion, l’extraction de sable fait des vagues

Le projet d’extraction de la Can (filiale du groupe Roullier) suscite une vive opposition. À tel point qu’un collectif « Peuples des Dunes en Trégor » s’est créé récemment. Retour sur un an et demi de débats.

Quel projet dans la baie de Lannion ?

Il est question d’extraire 400 000 m3 par an (pendant 20 ans) de sable coquillier dans une dune sous-marine. Ce titre minier a été demandé en 2010 par la Can, Compagnie armoricaine de navigation de Pontrieux, filiale du groupe Roullier. Le volume peut paraître difficile à visualiser pour le commun des mortels qui se dira que le sable... il y en a plein la mer. « Mais attention, cela représentera une Tour Montparnasse par an », met en garde l’association Sauvegarde du Trégor.

Où exactement ?

Le gisement mesure 4 km2 et est situé à la verticale de Locquirec (Finistère), à 6,7 km de Trébeurden, 9,5 km de Locquémeau. Pile dans une « dent creuse » entre deux zones Natura 2000 en mer où une telle exploitation serait interdite.

Pourquoi un tel projet ?

Parce que depuis le Grenelle de la mer, la Can sait que ses permis d’extraction de maërl ne seront pas renouvelés en 2013. Ces débris d’algues très calcaires ne pourront plus servir à rendre les terres des agriculteurs plus riches en calcium. Du coup, la Can s’est cherché des gisements de remplacement : le sable coquillier, mélange de sable et de petits débris de coquillages. A l’automne 2010 quand de fortes oppositions ont commencé à se monter, la société s’est défendue en argumentant que « ce gisement a des réserves significatives. C’est 2,5 % de la baie de Lannion. Nos sabliers ne seront pas sans cesse sur place ». Depuis, la Can préfère ne pas commenter le dossier. En comptant les emplois induits, la filière représenterait 200 emplois.

Qui est contre ?

L’enquête publique menée dans 13 communes a reçu la bagatelle de 1 403 observations, dont 80 % de contre ! Les conseils municipaux et l’agglo de Lannion ont voté contre. Les pêcheurs professionnels (qui passent 50 % de leur temps de pêche sur ce secteur) et les plaisanciers ont peur que tout ce sable remué fasse fuir les lançons que mangent les poissons. D’où une répercussion possible sur l’emploi des pêcheurs. Les plongeurs du club de Trébeurden (3 000 stagiaires par an) pensent qu’ils ne seront pas près de revoir l’eau claire, les champs de gorgones, et les éponges. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) veut qu’on laisse tranquilles les oiseaux des Sept-Îles et le puffin des Baléares, un migrateur très menacé. Des environnementalistes ont peur que « ce trou ne se comble par l’érosion du littoral ? » Début 2012, tout ce petit monde s’est constitué en collectif « Peuples des dunes en Trégor »... Clin d’oeil à « Peuple des dunes », collectif morbihanais qui avait réussi à enterrer un gros projet de Lafarge et Italcimenti au large de la presqu’île de Quiberon. Pour Peuples des Dunes en Trégor, « massacrer un site comme ça, près des Sept-Îles, pour vendre du sable ici, mais aussi aux Hollandais ou ailleurs, c’est non ! »

Où en est le dossier ?

Après quelques revirements en coulisses, les services de l’État (Dreal et DDTM) ont donné un avis favorable auprès de la préfecture du Finistère qui a instruit le dossier. Ce dernier attend sur le bureau du ministère de l’Écologie depuis le 15 mai 2011 pour avoir son titre minier. Si tel était le cas, l’agglo et le collectif pourraient bien emmener tout cela au tribunal. En attendant, les Trégorrois de Peuples des Dunes ont prévu une manif’le 13 mai sur la plage de Trébeurden. Sur le sable exactement !

Sylvie RIBOT



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