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Aires marines protégées : la France et 19 Etats tentent de relancer l’effort

Dernière mise à jour le mercredi 30 octobre 2013

Article paru
sur le site "Actu-environnement" - 28 octobre 2013
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Samedi 26 octobre, à l’occasion de la réunion politique de clôture du troisième Congrès international des aires marines protégées (Impac 3), 20 ministres ainsi que des représentants gouvernementaux ont adopté une déclaration commune intitulée "Message d’Ajaccio". Le document de six pages, établi "sur la base du travail des experts", vise à "[réaffirmer la volonté des Etats signataires] d’atteindre l’objectif de 10% d’Aires marines protégées (AMP) d’ici 2020", explique le ministère de l’Ecologie. De même, les ministres se sont engagés à mobiliser les moyens nécessaires atteindre cet objectif.

Les ministres signataire, représentaient, en plus de la France, de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, l’Albanie, l’Arabie saoudite, la Belgique, les Comores, le Bahreïn, Chypre, la Dominique, la Guinée, l’Italie, l’Inde, Monaco, le Nicaragua, les Samoa, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo et la Tunisie. Cette réunion ministérielle constitue une première, Impac étant jusqu’alors une réunion technique réunissant des scientifiques, des professionnels de la mer et des représentants d’ONG.

Reste à savoir quelle portée aura un texte qui brille par l’absence des signatures des pays les plus influents et des principaux pays récalcitrant à l’idée d’augmenter sensiblement la superficie des AMP : Etats-Unis et Canada, historiquement opposés à la mise en place d’outils internationaux contraignants, Japon, Norvège, Islande et Corée, réticents à la mise en place d’instruments pouvant limiter la pêche.
Réitérer les engagements

En l’absence des principaux acteurs, le texte reprend les objectifs internationaux adoptés précédemment et exhorte la communauté internationale à s’y tenir : "préoccupés par le fait qu’avec moins de 3% des océans couverts par des aires marines protégées", les ministres "[lancent] le Message d’Ajaccio, celui de l’urgence de l’action, de la mobilisation, de la volonté d’agir ensemble à tous les niveaux pour relever les défis".

La mise en œuvre de l’objectif visant à constituer d’ici à 2020 un réseau complet et cohérent d’aires marines protégées couvrant 10% des océans est le principal défi pointé par les ministres. Selon eux, ces AMP "doivent concerner l’ensemble des écorégions représentatives de la diversité des océans et couvrir pour ce faire toutes les zones pertinentes, côtières ou au large, y compris dans les grands fonds, qu’elles soient situées en zones sous juridictions nationales ou au-delà des juridictions nationales".

Pour y parvenir, et conformément à l’objectif de Rio+20, ils appellent "solennellement" la communauté internationale à adopter d’ici fin 2014 la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies ouvrant les négociations officielles en vue d’un accord, dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer, sur la création et la gestion d’AMP dans les eaux internationales qui couvrent 64% des océans. A Rio, Etats-Unis et Canada, Japon, Norvège, Islande, Russie et Corée s’y étaient opposés. De plus, les signataires souhaitent le "renforcement significatif" des conventions de mers régionales, qui permettent notamment de développer la coopération avec les organisations régionales de gestion de la pêche et les organisations régionales et internationales gérant les activités humaines impactant les milieux marins.

Déterminer scientifiquement les priorités

Quant au choix des zones susceptibles de devenir des AMP ils souhaitent "l’application systématique des critères scientifiques" qui s’appuierait sur la cartographie des zones d’intérêt écologique ou biologique (EBSA) menée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB). L’objectif affiché étant que l’ensemble des océans soient couverts en 2014. De même, ils appellent à l’organisation de campagnes systématiques d’inventaires en haute mer avec la mise en commun des données au plan international. Les ministres saluent ainsi l’initiative de la convention OSPAR de définir, en Atlantique du Nord-Est, le premier réseau scientifiquement fondé et représentatif d’aires marines protégées en haute mer.

Pour y parvenir, les signataires entendent développer "des mécanismes de financement durables". Ils saluent ainsi le lancement d’une initiative pour la Méditerranée par les gouvernements monégasque, français et tunisien via la création d’un Fonds fiduciaire pour les Aires marines protégées de Méditerranée qui doit contribuer à créer un réseau d’AMP. Autre source de financement envisagée : la valorisation des services rendus par les écosystèmes protégés.
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