Dernière mise à jour le jeudi 20 août 2009
Ouest-France - Jeudi 20 Août 2009
Jusqu’à dimanche les plages normandes vont voir débarquer des milliers de pêcheurs à pied. C’est l’époque des grandes marées, avec des coefficients supérieurs à 100.
Mercredi, 13 h 15. Cale de Blainville-sur-Mer, dans la Manche. Le coefficient n’est que de 91. Qu’à cela ne tienne. La mer se retire assez loin pour aller gratter le sable, et espérer ramener quelques coquillages. Sous un soleil de plomb, une vingtaine de pêcheurs à pied, en short et sandalettes en plastique, s’apprêtent à partir à la conquête des palourdes.
Armés de « houlettes », ces petites fourches à deux doigts, et de paniers en osier en bandoulière, ils écoutent attentivement les explications de Jean-Claude Dauvin, un enseignant-chercheur, originaire de Blainville-sur-Mer, qui intervient pour le compte de l’APP2R, l’association pour une pêche à pied respectueuse de la ressource.
« Ici à Blainville, on peut pêcher une cinquantaine d’espèces. Les palourdes, couteaux, coques et praires pour les coquillages. Les crevettes roses et grises, les étrilles, les homards ou les tourteaux pour les crustacés. Pour les poissons, on peut pêcher du bar, de la plie, de la sole, des lançons, etc. » De quoi se constituer des copieux plateaux de fruits de mer.
Une pêche raisonnable
Oui mais en pêchant de façon raisonnable. En respectant la législation sur la taille des coquillages et en rejetant les plus petits. « Il faut que nous arrivions à une pêche responsable et ciblée. C’est indispensable pour préserver les stocks, les richesses de la mer, détaille Jean-Claude Dauvin. Il faut aussi que les pêcheurs apprennent à se servir d’engins qui ne perturbent pas l’écosystème de l’estran. Ne pas y aller en tracteur ou avec de grands râteaux. »
Parce qu’à 56 ans, avant d’être un enseignant-chercheur, dont les sujets d’études concernent la sauvegarde du milieu marin et l’observation de son évolution, Jean-Claude Dauvin est « un homme de la mer », comme il se définit lui-même. Initié par son père et son grand-père, il pratique la pêche à pied depuis un demi-siècle. « Pendant les grèves de mai 68, j’étais scolarisé au lycée à Coutances, je passais mes après-midi, à la pêche à Blainville-sur-Mer, plutôt que sur les piquets de grève ».
Aujourd’hui domicilié à Boulogne-sur-Mer, il revient chaque été, passer ses vacances sur la côte ouest du Cotentin et il ne manquerait pour rien au monde, les grandes marées d’hiver en février ou mars. D’où son engagement pour une pêche raisonnée. La boucle est bouclée !
Bénédicte CHARLES-MUNCH.
Aujourd’hui, coefficient 98/103. Demain : 108/110. Samedi : 111/110. Dimanche 107/103.