Dernière mise à jour le mardi 10 août 2010
Midi Libre.com - Samedi 07 Août 2010
Depuis 3 ans, les ostréiculteurs de Thau perdent jusqu’à 80 % de leurs naissains.
Touchés de plein fouet par la surmortalité des naissains et jeunes huîtres, les conchyliculteurs du bassin de Thau cherchent des solutions. La création d’une écloserie locale avait un temps été évoquée, qui les aurait rendus un peu moins dépendants des fournisseurs d’Atlantique, sans toutefois les mettre à l’abri du virus tueur. Et alors que deux programmes de sélection d’une huître résistante sont en cours, les professionnels explorent une piste qui pourrait s’avérer payante : le captage naturel.
Sur le bassin de Thau comme à Leucate, des points de prélèvement favorables ont été identifiés pour capter, sur des supports variés (coupoles de plastique, tubes, coquilles d’huîtres) des larves. Larves issues d’un brassage entre huîtres sauvages et huîtres d’écloseries qui pourraient s’avérer plus résistantes au terrible herpès virus. Avant de crier victoire, les ostréiculteurs de Méditerranée et leur président Philippe Ortin, devront néanmoins vérifier ce qu’il advient de ces huîtres de captage lorsqu’elles atteignent la taille critique de 15 à 20 mm. Reste que, pour le directeur de la Section conchylicole Denis Regler, « même s’il n’y avait que 20 % de survivants, cette filière, naturelle, écologique, resterait intéressante ». Il faut dire, aussi, que le prix des naissains sortis d’écloserie a explosé ces derniers mois.