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Bateau du futur. Sortir la filière hors de l’eau

Dernière mise à jour le jeudi 3 juillet 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 01 Juillet 2014
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C’est une première en France. La maquette au 1/8e d’un navire de pêche innovant de moins de 12 mètres, conçu par un armateur de Paimpol (22), est en phase de tests concluants à l’école Centrale de Nantes. Après la maquette, le moule ; après le moule, le bateau. Trois navires sont d’ores et déjà en commande.
Le monde de la pêche est en crise et traverse une période de morosité qu’elle n’avait pas connue depuis vingt ans, obligeant les professionnels à renouer avec des pratiques de vente directe, pour essayer de s’en sortir. Dans ce contexte, deux possibilités, courber l’échine et attendre que ça passe ou continuer d’aller de l’avant en innovant. Armateur paimpolais et marin pêcheur dans l’âme, Yannick Hémeury a opté pour la seconde solution. Il y a vingt mois, en créant Breizh Marine Consult, il imaginait un navire de pêche côtière de moins de douze mètres innovant. « On a tous des bateaux de trente ans et plus, et on continue pourtant d’en construire qui sont trop énergivores, trop larges, trop ronds, trop de tout... Fort de mon expérience, j’ai pensé à un navire ergonomique dans lequel on sera debout partout, une étrave inversée et un moteur hybride diesel-électrique le plus simple possible ».

Trois navires en commande

Fort en gueule, connu comme le loup blanc sur les quais comme dans les ministères, le bonhomme n’a pas que des amis mais sa passion et son enthousiasme sont le plus souvent fédérateurs. « Les gars ont ricané au début ; ils rigolent beaucoup moins aujourd’hui. Un chalutier pour La Ciotat (13), un bolincheur pour Port-la-Nouvelle (11) et le navire polyvalent « Sérénité » pour Yannick Hémeury lui-même, sont déjà en commande. La maquette du bateau, réalisée au 1/8e, soit 1,50 m, est en phase de tests pour encore quinze jours à l’école Centrale de Nantes. Hier, Jean-Marc Rousset, responsable de l’équipe hydrodynamique et génie océanique, validait sans conteste l’économie d’énergie grâce à l’étrave. Après la maquette, le moule, qui devrait être réalisé au chantier naval Gilles Conrath à Paimpol. De 200.000 € à 250.000 € seront nécessaires pour sa réalisation conçue pour vingt navires. Deux embauches sont en jeu. Et après le moule, le bateau, que Yannick Hémeury aimerait voir construit entre la cité des Islandais et le bassin à flots de Pontrieux, son port natal. Entre-temps, il va falloir continuer de convaincre le monde institutionnel et financier. « France Filière Pêche dispose de 32 M€ dont 5 M€ pour l’innovation. Ils ne peuvent que nous suivre. Nous avons les arguments », s’enthousiasme-t-il.

Un crédit-bail de 60 mois

« Trois assureurs qui représentent 2.000 navires, Ifremer, l’Université de Bretagne Sud, l’école Centrale et les architectes navals roulent pour nous, ainsi que des soutiens privés dans le cadre du Fonds Européen Pêche. Le navire coûtera bien moins d’un million d’euros et nous travaillons pour du crédit-bail sur 60 mois afin que les patrons pêcheurs n’aient pas à avancer l’apport nécessaire.


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