Dernière mise à jour le mardi 4 novembre 2008
France Info - 02 novembre 2008
Nathalie Fontrel
180 bateaux de pêche français doivent être démantelés d’ici la fin de l’année. C’est l’un des volets du plan de modernisation de la pêche : les pêcheurs qui décident de cesser leur activité reçoivent de 150 000 à 600 000 euros selon la taille et l’âge du bateau. A condition que le navire soit détruit en respectant l’environnement. C’est l’association Robin des bois qui a alerté le ministère de la pêche pour lui demander d’assujettir l’indemnisation au traitement écologique des carcasses. Jusqu’en 2003 on pouvait encore les couler en mer, certaines trônent sur des ronds points, mais la plupart ont été déchiquetées et brûlées. « Les jus noirs, les huiles et les fonds de cale étaient largués tels quels dans le bassin des ports » raconte Jacky Bonnemain le président de Robin des Bois. La filière de valorisation était donc à inventer. Véolia propreté et Sita France ont décidé de se lancer dans l’aventure : La déconstruction propre et le recyclage de tous les matériaux qui peuvent l’être. Sita France vient de dresser le bilan d’un chantier pilote à Concarneau. Deux bateaux en métal de 24 mètres et de 250 tonnes ont été valorisés à 95%. Il s’agit d’abord d’identifier les polluants, l’amiante, les PCB, les fluides, les huiles et les hydrocarbures. De repérer les différents matériaux recyclables. Les métaux ferreux sont refondus. Les moteurs et les systèmes de propulsion sont revendus en pièce détachées. Les bateaux en métal sont les plus rentables à recycler : et la facture peut être nulle pour l’armateur, il peut même gagner de l’argent : jusqu’à 20 000 euros de revenus en fonction du cours de matières premières. Mais la déconstruction d’un bateau en bois coute entre 15 000 à 25 000 euros. Jusqu’à 30 000 euros pour les bateaux fabriqués en matériaux composites car il n’existe aucune filière de valorisation en France autre que l’incinération avec récupération d’énergie.