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Brasparts. La moule perlière d’eau douce y est élevée

Dernière mise à jour le mardi 24 septembre 2013

Article paru
sur le site "Le Télegramme" - 23 septembre 2013
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Vieillissante et en voie de disparition, la moule perlière d’eau douce, appelée communément mulette, bénéficie désormais d’une station d’élevage, à Brasparts (29), destinée à assurer sa sauvegarde.

« La moule perlière d’eau douce est une espèce en voie de disparition », a déclaré, hier, Marie Capoulade, en préambule à l’inauguration de la station d’élevage de mulette, à Brasparts, sur l’Élez. Coordinatrice du programme européen Life, qui oeuvre depuis septembre 1990 pour la conservation du mollusque dans le Massif armoricain, elle a précisé que le déclin de l’espèce était général à l’échelle européenne : « Les populations sont vieillissantes et on n’a plus de jeunes individus ».« La présence de la moule perlière garantit la qualité d’un cours d’eau. Donc si on arrive à faire en sorte que les moules perlières soient préservées dans le milieu sauvage, c’est qu’on aura réussi à retrouver des cours d’eau de très bonne qualité », a-t-elle souligné.

Seule station d’élevageen France

À la station d’élevage de Brasparts, la seule en France, des larves de moules perlières, prélevées dans les ruisseaux bretons, sont mises en contact avec des truites. En effet, elles ne se développent que sur les branchies des poissons (truites ou saumons), où elles restent une dizaine de mois. « S’il n’y a pas de poissons, la moule perlière ne peut pas se reproduire », a assuré Mme Capoulade.Actuellement, sur le site de la station, mis en place par la Fédération de pêche du Finistère, quelque trois millions de larves se trouvent sur les branchies de 4.000 truites, à raison de 200 à 2.000 par poisson. Une fois qu’elles se décrochent de leurs hôtes, elles sont placées dans des aquariums et nourries quotidiennement avec un mélange de pâte d’algues, jusqu’à leur réintroduction dans les rivières, une fois âgées de 1 à 3 ans.La moule perlière était historiquement présente dans la majorité des cours d’eau des massifs anciens français mais une réduction d’au moins 50 % de sa population en dix ans est désormais notée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Décimée par les pêcheurs de perles

Il ne resterait plus que 100.000 moules perlières, réparties dans quelque 80 rivières, principalement dans le Massif Central et dans le Morvan, ainsi que dans le Massif armoricain. Cependant, sur ces 80 rivières, seules une petite dizaine abriterait encore des populations capables de se reproduire. Outre l’Élez, deux autres rivières bretonnes intéressent les scientifiques : le Loc’h, dans les Côtes-d’Armor, et la Bonne Chère, dans le Morbihan.L’espèce, dont la première cause de disparition dans le milieu sauvage a été la pêche à la perle jusqu’au début du XXe siècle, est aujourd’hui protégée à l’échelle européenne.

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