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Cartographie. Les trésors des fonds marins

Dernière mise à jour le jeudi 5 février 2009

Télégramme - Jeudi 5 Février 2009



Cartographie. Les trésors des fonds marins

Connaître les habitats des fonds marins, voir leur évolution... Tels sont les objectifs des scientifiques qui cartographient la mer. Depuis trois jours à Océanopolis, lecolloque Carhamb’ar présente les enjeux de la cartographie marine.

Qui n’a jamais entendu dire que nous connaissions mieux la surface de la planète Mars que le fond de nos océans ? Personne, car dans une certaine mesure c’est vrai ! Pourtant, de plus en plus de gens s’intéressent à la cartographie de leur environnement proche. Si, depuis lundi, Google Ocean, nouvelle fonctionnalité de Google Earth, permet de voir les fonds marins, ou plus précisément une vingtaine d’abysses en haute définition, il reste encore aux scientifiques pas mal de travail à accomplir. En Bretagne, seule 15% des fonds marins sont cartographiés de façon détaillée...

Les enjeux de la cartographie marine

Au premier colloque à Saint-Malo, le public n’était pas très nombreux... Mais depuis trois jours àOcéanopolis, 200 personnes assistent aux conférences programmées sur la cartographie des habitats marins benthiques (ensemble des êtres vivant au fond de la mer). De plus en plus de gens semblent s’y intéresser. Mais pourquoi ? « Notre environnement marin est très sollicité : pêche, extraction de gaz, de sables, la pêche, le chalutage... Du coup, certaines espèces marines sont en déclin. On constate un bon nombre d’évolutions, qui sont dues en partie aux activités humaines. La cartographie est une information essentielle pour réaliser un équilibre entre exploitation et conservation du milieu marin. Sans oublier également son importance dans la mise en place d’aires marines protégées », explique Jacques Populus, chef du projet Cartographie des habitats à l’Ifremer. Avec la variété des fonds marins bretons et la zone Natura 2000 dans la mer d’Iroise, l’hypothèse « connaître pour mieux préserver » prend tout son sens. « Pour gérer durablement l’exploitation des algues dans le Parc naturel marin d’Iroise, comme s’est engagé la direction régionale de l’environnement, il faut avoir une très bonne connaissance des fonds et donc une carte précise. On n’est pas au bout de nos peines, même si les évolutions techniques de recueil des données (sonars, lasers...) vont nous y aider », poursuit Jacques Populus.

Mer d’Iroise et zone Natura 2000

Le parc naturel d’Iroise s’étend sur 3.550 km² à la pointe ouest du Finistère. Il abrite plus de 300espèces : poissons, invertébrés, grands dauphins, phoques... Dans cet espace, l’enjeu de la cartographie est bien réel. Idem pour la zone Natura 2000, où l’objectif est de concilier activités humaines et protection de la biodiversité. « Mais il y a le problème du maërl (algue rouge calcaire). Pour la production d’eau potable, par exemple, le maërl est indispensable. La Bretagne compte dans ses eaux 90% de la ressource française. Il y a trop d’extraction à ce jour. C’est une catastrophe pour l’habitat marin ».

Sophie Heren



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