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Climat. Les bienfaits secrets des micro-algues

Dernière mise à jour le lundi 25 décembre 2017

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 22 Décembre 2017
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Les diatomées, ces algues brunes représentées, ici, en image de synthèse, rendent davantage de services qu’on ne l’imaginait à la planète, révèlent les travaux auxquels a notamment participé le Brestois Paul Tréguer.
L’arrivée de l’hiver n’incite guère à penser au réchauffement climatique. Mais des scientifiques ne le perdent pas de vue et seize d’entre eux, dont trois Brestois (*), viennent de publier une découverte dans la prestigieuse revue britannique Nature Geoscience. Les océans absorbent du dioxyde de carbone (environ un quart des rejets humains de CO2), ralentissant ainsi l’effet de serre. Les micro-algues des eaux de surface (soit à moins de 1.000 mètres de profondeur) transforment par photosynthèse ce gaz carbonique en carbone organique, plus lourd que l’eau. Il descend vers l’océan profond, où il est séquestré pour plus d’un siècle, voire mille ans, dans ces eaux plus froides et stables. Mais on a sous-estimé le rôle des diatomées siliceuses dans ce transfert.
Un déclin incertain

On ne rend pas assez grâce à ces algues brunes microscopiques, protégées d’une cuirasse de silice, des services (relatifs) qu’elles rendent à la planète. Quand elles meurent, le carbone qu’elles renferment n’est pas régénéré sous forme de gaz carbonique dans les premiers 1.000 mètres, comme on le croyait, les laissant en contact avec l’atmosphère. Leurs carapaces de verre (appelons-la ainsi) l’emprisonnent et, alourdies, gagnent les abysses.

Ces chercheurs ont montré aussi que les diatomées n’ont pas toutes la même efficacité selon leur taille, leur forme, leur degré de silicification et leur environnement. Et, enfin, que leur déclin, dans un océan qui se réchauffe et se stratifie (avec un écart de température croissant entre surface et profondeur), reste incertain. Ils envisagent qu’elles s’adaptent au changement climatique et à l’acidification des océans, et poursuivent leur bonne oeuvre.
Une bombe à retardement

La capacité de ces micro-algues à entraîner par le fond ce carbone qui compromet notre avenir est de nature à rassurer. Mais, au-delà du fait que leur action ne suffit pas à compenser nos rejets, que devient ce carbone après quelques siècles ? Un parcours complexe, tracé par les courants et les différences de températures des eaux sur tout le globe, l’amène à remonter. Une bombe à retardement, pour une époque encore un peu lointaine à l’échelle humaine ? « On peut dire cela », confirme Paul Tréguer, un des auteurs brestois de l’article.

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