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DCNS. Scaphandrier, l’homme à tout faire des fonds marins

Dernière mise à jour le jeudi 24 octobre 2013

Article paru
sur le site "sept jours à Brest" - 23 octobre 2013
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Avant, Christophe Marchadour était électricien. Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, il est plongeur scaphandrier à DCNS, à Brest. À l’origine de ce changement de voie ? Sa passion pour la plongée sous-marine. « Je plonge depuis l’âge de 9 ans. J’ai d’abord fait l’école des apprentis à DCNS, en 1996, explique-t-il. Cela m’a permis de devenir électricien, mais en 2006, j’ai pu faire la formation de plongeurs scaphandriers à Marseille. Ce métier m’a toujours fasciné, surtout le mythe du « pieds lourds » (scaphandres lestés, utilisés depuis les débuts de la plongée en scaphandres, NDLR) ».

Pendant 11 semaines, Christophe apprend donc les bases du métier de scaphandrier. « On nous apprend surtout à plonger en sécurité et à manipuler le matériel de plongée. On touche très peu aux outils finalement ». Pour ce qui concerne le travail sur le terrain, les plongeurs apprennent sur le tas.

De multiples compétences

Et il faut bien l’admettre, le plongeur scaphandrier doit être capable de mettre en pratique une multitude de compétences. « Nous effectuons, entre autres choses, des travaux sous-marins sur des navires ». Carottage, forage, coffrage, montage mécanique, découpage, Christophe et ses collègues ont des compétences dans presque tous les corps de métier du bâtiment. Mais ce n’est pas tout. « On est aussi amené à filmer ce qui se passe sous coque pour des expertises. On devient l’oeil et les mains de l’expert ».

200 plongées par an

À Brest, le service des travaux sous-marins de DCNS compte dix plongeurs scaphandriers et quatre mécaniciens qui ont aussi le rôle de surveillant de plongée. Chaque scaphandrier effectue en moyenne 200 plongées par an. « En une journée, on ne peut pas passer plus de trois heures sous l’eau, raconte Christophe Marchadour. Au total, on peut faire deux plongées maximum dans la journée ».

Lors de chaque plongée, le procédé est toujours le même. Immuable. Un scaphandrier plonge et effectue le travail sous l’eau, un surveillant de plongée est en surface et contrôle que tout va bien et un plongeur de secours est prêt à intervenir en cas de problème. « La préparation des interventions en amont est très importante pour pallier à toute éventualité. Cela implique d’avoir une bonne hygiène de vie pour ne pas arriver fatigué au boulot et qu’on soit en bonne forme physique ».

Précision importante, le plongeur peut avoir à soulever jusqu’à 60 kilos de matériel. « Le casque le plus lourd pèse 13 kilos et on a en plus la combinaison, le gilet, le plomb pour se lester et les bouteilles à oxygène de secours ». Comme le scaphandrier de 33 ans aime à le rappeler, soulever tout ce poids à sec, « ça pique ! »

Eau à 6 degrés et 3 cm de visibilité

Si les risques sont réduits au maximum, les plongeurs scaphandriers de DCNS doivent parfois travailler dans des conditions assez difficiles. « L’hiver est une période toujours plus dure pour nous, observe Christophe. Par exemple il nous est arrivé, notamment à l’arsenal de Lorient, de nous retrouver pendant trois heures dans une eau à 6 degrés, avec une visibilité de 3 cm et un courant de 4 noeuds ». Là aussi, « ça pique ! ».

Et à Brest ? La cité du Ponant a aussi ses coins tortueux. « On fait du déplacement de charges dans les canalisations des bassins de la Penfeld. Il ne faut pas être claustrophobe, avoir du sang-froid et surtout ne pas être tête brûlée ».

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