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Dans les Côtes-d’Armor, les algues vertes se font plutôt rares cet été

Dernière mise à jour le samedi 26 janvier 2019

Article paru sur le site "L’Express.fr" - Samedi 21 Août 2010



Dans les Côtes-d’Armor, les algues vertes se font plutôt rares cet été

RENNES - Pour l’an 1 du plan anti-algues vertes des pouvoirs publics, les marées vertes ont finalement été plutôt rares cet été dans les Côtes-d’Armor, département le plus touché habituellement, condamnant à la sous-activité les dispositifs de collecte très imposants mis en place cette année.

Dans la baie de Lannion, l’un des sites les plus touchés en Bretagne, "on est à 23.000 tonnes ramassées aujourd’hui alors qu’on prévoyait en fourchette haute jusqu’à 35.000 tonnes", a déclaré à l’AFP Jean-Claude Lamandé, vice-président de l’agglomération Lannion-Tregor en charge du dossier.

Une bonne partie du ramassage a eu lieu au début de saison et aujourd’hui, "on ne ramasse même plus tous les jours", a-t-il expliqué. Des essais de collecte des algues dans l’eau en bord de plage prévus mi-août ont même dû être annulés.

Mais le phénomène est surtout sensible plus à l’est, dans la baie de la Fresnaye où il n’y a pas d’algues vertes cette année, et ce pour la première fois depuis 2006, et dans la baie de Saint-Brieuc où les ramassages sont quatre ou cinq fois inférieurs aux prévisions.

"Nous pensions que l’usine de Lantic ne suffirait pas" avec sa capacité de 25.000 tonnes pour traiter les algues collectées dans la baie de Saint-Brieuc, explique Thierry Burlot, président PS du syndicat intercommunal.

Or dans cette installation inaugurée en juillet par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno, "pour l’instant on est en dessous des 4.000 tonnes traitées !".

"Ce qui s’est passé cette année risque de poser un certain nombre de questions" à la rentrée, indique l’élu, qui demande notamment qui va payer pour ces moyens sous-employés.
L’été 2010 montre qu’"il faut améliorer" les capacités de prévisions des marées vertes, par la connaissance scientifique ou peut-être en développant les techniques de repérage en mer, estime Thierry Burlot.

Pour Sylvain Ballu, chercheur au Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA), des eaux plus froides qu’à l’accoutumée au début du printemps 2010, et la faiblesse des pluies observées ensuite pourraient expliquer, entre autres, la sous-prolifération de l’été 2010.

La faible pluviométrie a ralenti parfois très fortement le débit de certaines rivières, comme le Gouessant en baie de Saint-Brieuc, limitant les apports de nutriments, parmi lesquels les nitrates dont se nourrissent les algues.

Dans la baie de Lannion, le ramassage intensif pratiqué en début de saison a peut-être aussi joué un rôle dans la sous-prolifération constatée ensuite, avance le chercheur.
Mais tous les spécialistes sont d’accord sur un point : l’anomalie de cet été ne signifie rien sur le fond et le problème des marées vertes reste entier.

D’ailleurs, dans le Finistère voisin, l’autre département breton touché, mais à moindre échelle, par les marées vertes, le phénomène est loin d’avoir disparu même s’il serait un peu moins important que l’année dernière.



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