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Déchets échoués. Les pollueurs dans le viseur

Dernière mise à jour le jeudi 6 octobre 2016

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 05 Octobre 2016
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Tracer les déchets perdus en mer par les containers. C’est l’ambition d’une cartographie collaborative que lance l’association Ansel avec le fonds Explore. Objectif : responsabiliser les pollueurs. Explications avec Lionel Lucas, cofondateur d’Ansel, et Emmanuel Poisson-Quinton, du fonds Explore.

Quel a été le point de départ du projet ?
Lionel Lucas : « Depuis 17 ans, avec l’association Ansel, nous menons des opérations de collecte des déchets sur le littoral et de sensibilisation auprès du public. Nous voulions d’abord être une alternative au nettoyage mécanique qui altère le milieu. On a constaté que ce n’était pas très efficace de se contenter de jeter les déchets à la poubelle. Il fallait aller plus loin. D’où l’idée, en 2013, de constituer un réseau d’observation des échouages de déchets sur la façade Atlantique (plus de 600 membres dans un groupe Facebook). C’est une première étape collaborative mais ça reste assez artisanal. L’étape suivante, c’est de comprendre les échouages en les géolocalisant ».

D’où viennent les déchets échoués sur les plages ?
L.L : « La plupart du temps, ils sont échappés d’un container. Le trafic au niveau du rail d’Ouessant est l’un des plus importants au monde (80 % des échanges). Il faut savoir qu’entre octobre 2013 et mars 2014, lors des grandes tempêtes, environ 800 containers, ont disparu. Les bateaux sont souvent surchargés. Pour des questions de sécurité, les autorités laissent les équipages larguer quelques containers ».

Quelle est la nature de ces déchets ?
L.L. : « Nous retrouvons régulièrement des produits de toutes sortes : des pots de jardinage en plastique, des billes, des seringues, des melons, des fûts de bière, des chaussons de bain, des cartouches d’imprimantes... On ramasse les mêmes déchets à différents endroits sur la côte Atlantique, à des années d’intervalle. Une première carte existe déjà et recense tous les sites où des cartouches d’imprimantes HP perdues en mer ont été retrouvées en Europe de l’Ouest (à partir de Google Maps). Nous allons étendre cette méthode à d’autres types de déchets ».

Comment fonctionne cette cartographie collaborative ?
L.L. : « Tout le monde pourra y contribuer en identifiant et en localisant les déchets trouvés. Les données seraient collectées avec l’appui d’un modérateur.

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