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Des poissons élevés sur terre pour améliorer leurs chances en mer au large du Barcarès

Dernière mise à jour le samedi 9 novembre 2013

Article paru
sur le site "L’indépendant" - 06 Novembre 2013
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Des larves sont prélevées en mer et élevées en aquarium, notamment au Barcarès.

La pollution et le bétonnage déciment les minuscules larves de poissons qui s’approchent des côtes méditerranéennes pour grandir. Au nom de la biodiversité, des chercheurs prélèvent en mer les futurs loups et rascasses, les élèvent en aquarium et les relâchent quand ils sont plus costauds. Au Barcarès, dans les P.-O., le Centre de recherches sur les écosystèmes marins (CREM) est l’un des sept sites choisis, de la frontière espagnole à Port-Cros, dans le Var, pour mener à bien le projet Sublimo, d’un coût d’1,9 million d’euros financé pour moitié par le programme européen Life.

Les chercheurs sont partis du constat des hécatombes subies par les larves écloses en mer au moment où elles s’animent pour rejoindre les "nurseries" côtières où elles se développent et deviennent juvéniles. "Les habitats sont dégradés en raison de la pollution de tous les bassins versants et de l’impact physique des aménagements côtiers", explique Philippe Lenfant, spécialiste d’écologie marine et pilote du projet qui associe les Universités de Perpignan et de Corte et le CNRS. A quoi s’ajoutent les effets de la surpêche.

Le paradoxe du loup

La mortalité à ce stade peut aller jusqu’à 99 % et on "a une perte de biodiversité", dit-il. On assiste à un "paradoxe", des prédateurs comme les loups se "font manger par les bas niveaux trophiques", des poissons situés en dessous dans la chaîne alimentaire et qui leur servent d’ordinaire de repas. En raison de la dégradation de leurs nurseries, les jeunes "top prédateurs" dépensent beaucoup d’énergie pour s’alimenter, ne grossissent pas et finissent par être gobés par exemple par les gobies, "espèces opportunistes dotées de capacités d’installation phénoménales". Le projet, lancé fin 2011 et qui doit durer jusqu’en avril 2015, vise à améliorer les connaissances sur les post-larves et faire de la restauration en les élevant à l’abri des prédateurs.

Eviter la boucherie

Les post-larves sont prélevées (2 662 en 2012) grâce à des pièges à lumière. Les lâchers ont commencé à la fin de l’été 2013, au large de Bastia et du Barcarès, dans le parc naturel marin du golfe du Lion. "Mais pas comme ça, sinon ça serait la boucherie",

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