Dernière mise à jour le mercredi 23 avril 2008
Professionnels, restaurateurs, poissonniers : tout le monde est sur le pont pour défendre une « pêche durable et responsable ».
Un « Label bleu » est sur les rails.
L’Ofimer a lancé hier une campagne nationale de promotion du poisson : objectif soutenir une filière en difficulté.
« Bien pêchés, bien élevés, vous allez les aimer ! » : Michel Peltier, directeur de l’Ofimer, Office interprofessionnel des produits de la mer, a lancé hier à Paris une campagne nationale de promotion du poisson. Celui d’avril, certes car le poisson, c’est aussi un produit de saison, mais la campagne (un million d’euros) doit s’étaler sur toute l’année. Toute la filière est sur le pont pour défendre les produits de la pêche et de l’aquaculture. Le Français consomme 35 kg par an de poissons, coquillages ou crustacés soit 7 kg de plus par personne qu’il y a 10 ans.
Mauvaise passe
La pêche française couvre 15 % des besoins du marché national.
L’objectif de la campagne est de soutenir la filière française qui, globalement, traverse une mauvaise passe, et ses produits.
Cher le poisson ? Les coûts de production ont augmenté : les cours du gazole flambent et à cela, il faut ajouter les coûts de la main d’œuvre, du transport. Le prix est lié aux quantités qui sont sur le marché : en règle générale, les prix augmentent quand les quantités mises sur le marché diminuent. Mais il existe des poissons à tous les prix.
Le plan Barnier « pour une pêche durable et responsable » passe aussi par un effort des consommateurs. Une éco-contribution de 2 % a été mise en place depuis janvier 2008 dans les supermarchés et les grandes poissonneries.
Label bleu dans trois ans
C’est aussi dans cette optique que l’Ofimer a décidé de créer un éco-label national, qui permettra de certifier les espèces pêchées de façon « durable et responsable ». Le Comité national des Pêches, le syndicat des poissonniers, des entreprises privées ont décidé de jouer le jeu. Les règles seront strictes : l’éco-label, qui pourrait être baptisé « Label bleu », implique la lutte contre la pêche illégale, la reconnaissance des bonnes pratiques sur des stocks qui ne doivent pas être surexploités. Une dizaine de pêcheries comme le bar, la langoustine, le cabillaud pourraient ainsi bénéficier sur ce label d’ici trois ans. Les consommateurs devraient y trouver leur compte, les pêcheurs aussi.
Catherine Magueur
Les plaisanciers veulent se faire entendre
Les problèmes de la ressource préoccupent aussi le monde de la pêche sportive et récréative, réunie au sein de la Confédération nationale de la plaisance et de la pêche en mer (CNPPM).
Le co-président, Jean Kiffer, déplore que la CNPPM ne soit pas directement associée aux travaux du Grenelle de l’environnement. Ce qui ne l’empêche pas de faire des propositions. Elle préconise ainsi le respect des tailles minimales de capture, le repos biologique pour toutes les espèces menacées ou très ciblées (bar, thon, dorade...), le marquage spécifique des poissons (amateurs et professionnels), la lutte intensive contre toutes les formes de braconnage (généralisation des conventions contre la vente illégale, peines accrues, confiscation du bateau ou du véhicule en cas de récidive). Pour les espèces en danger, elle préconise, si nécessaire, une limitation journalière de captures.