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Drôle de drone dans le port de La Trinité-sur-Mer

Dernière mise à jour le vendredi 12 avril 2013

Article paru
sur le site "maville.com" - 11 Avril 2013
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Il surfe à la surface des eaux du port. Ici, à la Trinité, refuge de voiliers innovants et autres catamarans géants, ça ne surprendrait pas le marin. Sauf que l’engin qui se balade d’un point à un autre du goulet trinitain n’a rien d’un bateau classique.

OEuvre du bureau d’études océanographiques Seaways, ancré à la Trinité depuis 2004, le Seawave est un authentique drone des mers. À l’eau depuis peu, l’engin de surface aux allures de frégate furtive en a déjà surpris plus d’un. À commencer par les navigateurs du tout dernier Spi Ouest-France Intermarché, qui l’ont croisé entre deux régates.

Aux commandes de cette machinerie truffée d’électronique, d’outils de surveillance et de mesure ultra-performants : Pierre Bourcier. À la fois ingénieur-inventeur et « chief commander » de ce premier drone appelé à se multiplier dans nos eaux territoriales et au-delà. Tant les registres d’opérations, civils ou militaires, lui font les yeux doux. Il y a de quoi.

Condensé de technologies

Techniquement, le Seawave est un condensé de technologies. Coque en carbone et kevlar, l’engin est léger mais puissant. Ses trois moteurs à propulsion électrique (ion-lithium) autorisent jusqu’à sept heures de navigation utile. Il répond au doigt et à l’oeil. Pivote sur lui-même, se glisse là ou d’autres n’y arriveraient pas. Auscultant le fond de l’océan, transmettant ses informations et mesures en temps réel. Tout ça est pilotable sur des dizaines de kilomètres, à distance, depuis l’ordinateur.

Pierre Bourcier n’a pas imaginé ce drone des mers par hasard. Le scientifique, rompu à l’art des systèmes électroniques embarqués, a bourlingué de l’aéronautisme à la Formule1 (Redbull technologies) en passant par la Coupe de l’América (pour l’équipe de Suède), le Groupama de Franck Cammas, l’hydroptère d’Alain Thébault ou le Safran de Marc Guillemot. Excusez du peu.

« Les technologies de calculs issues de la Formule 1 et de l’aéronautique, explique le scientifique, sont transférées dans ce drone. Elles lui donnent des capacités de communication de données océanographiques et bathymétriques en temps réel étonnantes. Son automatisation, sa vélocité, l’autorisent à naviguer partout, y compris en milieu hostile. »

Une famille en préparation

Le drone ausculte les fonds avec une précision suffisamment redoutable pour intéresser désormais l’armée, « pour laquelle des missions de mesures acoustiques sont déjà en cours. Mais je ne peux en dire plus... » Son grand frère - autre catamaran furtif de près de 8 m - est déjà à l’étude pour l’offshore. Comme son futur petit frère qui complétera la gamme des drones que Seaways veut faire naviguer là où il le faut : du repérage de mines jusqu’à la prévention des risques technologiques comme les pollutions maritimes. « Les enjeux économiques, stratégiques et environnementaux sont là. » Les drones aussi.

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