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Environnement. L’ail triquètre gagne du terrain

Dernière mise à jour le lundi 12 mai 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 07Mai 2014
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L’ail triquètre et ses jolies clochettes blanches a fait son apparition depuis une dizaine d’années sur le littoral breton et en zone périurbaine. Cette plante invasive est devenue la bête noire des jardiniers en supplantant les espèces locales, nuisant ainsi à la biodiversité.
L’ail triquètre gagne du terrain dans les zones périurbaines et sur le littoral mettant à mal la biodiversité et laissant les jardiniers du dimanche un peu désarmés, à l’instar de cette habitante d’un quartier pavillonnaire de Pluguffan dont les espaces verts communs et particuliers ont été envahis. « On se sent un peu impuissant. J’y habite depuis dix ans et j’ai vu l’évolution. L’ail s’est propagé dans les jardins et on est plus particulièrement touché parce qu’ils ne sont pas entretenus », explique cette dernière qui a ainsi vu disparaître des talus les violettes, les jacinthes bleues ou les petites pervenches au profit de cet ail blanc particulièrement vivace et difficile à éliminer.

Ne rejeter aucun fragment en milieu naturel

En vente dans les pépinières, l’ail triquètre est de plus en plus présent sur le littoral breton, un développement lié au rejet des déchets verts. « On l’observe depuis une dizaine d’années et cela commence à nuire à la biodiversité car il supplante certaines espèces locales. On ne le trouve pas dans les Monts d’Arrée car il craint les périodes de gel », explique Emmanuel Quéré du conservatoire botanique national de Brest qui a édité une plaquette sur les plantes invasives en lien avec le conseil général du Finistère et dans laquelle figurent le laurier palme, l’herbe de pampa, la griffe de sorcière ou encore l’arbre au papillon et la jussie, la seule à être interdite à la vente. « On peut facilement l’éradiquer si on s’y prend tôt. Il suffit de les faucher régulièrement et d’enlever les bulbes avec une fourche bêche », poursuit le botaniste. Les bulbes peuvent ensuite être amenés en déchèterie ou être utilisés pour faire du compost. « Les petits bulbes ne supportent pas la chaleur du compost. Si le compost est bien fait, il n’y a aucun danger », précise ce dernier. Il est en effet important de ne rejeter aucun fragment de ces plantes en milieu naturel et de préférer le séchage ou l’incinération. Sur le chemin du halage, l’ail triquètre a aussi commencé à faire son apparition, ce qui ne manque pas d’interpeller le botaniste Fanch Duros qui, pendant huit ans, a oeuvré à la préservation du cranson des estuaires, une espèce rare et protégée qui poussent à la limite des marées. « Comme toutes les plantes invasives, l’ail a une grande faculté d’adaptation. S’il commence à accepter le sel, il risque de prendre la place du cranson des estuaires », souligne le botaniste qui conseille de limiter son développement en l’empêchant de fleurir par des tontes répétées ou de bâcher les espaces envahis.

La chimie à proscrire

La chimie est quant à elle à proscrire car on n’a trouvé aucune molécule efficace pour lutter contre cette plante de la famille des amaryllacées. « C’est de l’huile de coude », reconnaît ce dernier qui suggère d’informer ou d’aborder ce travail un peu rébarbatif et qui demande l’implication de tous, à l’occasion de fêtes de quartier ou lors de la fête des voisins. Au terme d’invasive, le botaniste lui préfère cependant celui d’agité. « C’est un mot anglo-saxon qui est apparu dans les années 50. C’est très anxiogène comme mot. C’est le rejet de ce qu’on ne connaît pas et qu’on retrouve dans notre société avec le rejet des personnes étrangères et la peur qu’elles prennent notre place », indique Fanch Duros qui donne des cours sur les mauvaises herbes à l’IUT

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