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Espoirs pour la survie du thon rouge

Dernière mise à jour le lundi 15 octobre 2012

Article paru
sur le site "-Le Figaro" - Dimanche 14 octobre octobre 2012
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Les stocks se reconstituent, mais les scientifiques recommandent le maintien des quotas de 2012.

On va reparler de la pêche au thon rouge. En effet, l’Iccat (acronyme anglais de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) doit se réunir du 12 au 13 novembre à Agadir, au Maroc.

Le contexte a beaucoup changé par rapport aux dernières années. On n’est plus en 1998, quand le conseil scientifique de l’Iccat lançait un cri d’alarme, affirmant que la surpêche menaçait la survie de ce gros poisson prédateur dont les populations de l’Atlantique du nord-est se reproduisent au printemps en Méditerranée. En 2010, l’Union européenne avait même demandé, sans succès, que l’espèce soit inscrite sur la liste rouge de Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (Cites) ce qui aurait interdit sa commercialisation.
« Ils sautent de la mer »

Le rapport suscite des interprétations très divergentes. Pour les patrons des thoniers senneurs, qui peuvent capturer un banc entier d’un seul coup de filet et à qui presque tous les quotas sont attribués, cela veut dire que les thons rouges sont de retour. Un patron pêcheur espagnol affirme au quotidien El Pais qu’il y en a tant qu’ils « saute
Le rapport suscite des interprétations très divergentes. Pour les patrons des thoniers senneurs, qui peuvent capturer un banc entier d’un seul coup de filet et à qui presque tous les quotas sont attribués, cela veut dire que les thons rouges sont de retour. Un patron pêcheur espagnol affirme au quotidien El Pais qu’il y en a tant qu’ils « sautent de la mer ».
Les pêcheurs vont faire pression

Ces clichés ne datent pas d’aujourd’hui. Alexandre Dumas écrivait que les poissons pondent tellement d’œufs que s’il n’y avait pas la pêche, ils rempliraient l’Atlantique et on pourrait aller en Amérique à pied, en marchant sur leur dos. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien car en mer, même les œufs et les larves des plus gros poissons prédateurs sont mangés par leurs plus petites proies.

À Agadir comme à chaque réunion de l’Iccat depuis 1999, les pêcheurs vont donc faire pression sur les 48 états membres pour que les quotas soient révisés à la hausse. De 1999 à 2008, ils ont été fixés globalement autour de 30 000 tonnes. En 2009 - la situation était catastrophique - ils sont descendus à 22 000 t., 13 500 t. en 2010 et 12 900 t. en 2011 et 2012.
Pêche illicite

« Le stock n’est pas reconstitué, avertit Jean-Marc Fromentin. On a de fortes incertitudes sur l’amplitude et la vitesse de sa reconstitution. Le plan de gestion actuel (quotas, taille maximale de capture fixée à 30 kg, contrôles) et les mesures de contrôle doivent être maintenus pour les années à venir. »

Il ne faut pas croire que la pêche peut reprendre comme avant. « Une augmentation d’abondance n’est pas un recouvrement. Il y a deux ans, on a cru que la morue était revenue à Terre-Neuve mais aujourd’hui le stock s’est effondré », souligne Philippe Cury, directeur du centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale, à Sète (Hérault).
« Des écarts entre les quotas et les tonnages mis sur le marché »

Les ONG sont très réservées. « On va dans la bonne direction, à condition que la pêche illicite soit éliminée », explique Rémi Parmentier, de la Fondation américaine Pew qui œuvre pour la préservation des océans. Cette dernière a financé une étude révélant qu’entre 2005 et 2011, il y a eu des gros écarts entre les quotas et les tonnages mis réellement sur le marché (77 % entre 2008 et 2011, quand les contrôles ont été renforcés par l’Iccat).
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