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Extraction de sable. Le doc’ qui tire la sonnette d’alarme

Dernière mise à jour le lundi 8 juillet 2013

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 08 Juillet 2013
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D’ici 2100 selon certains scientifiques, les plages auront complètement disparu". Un scénario catastrophe développé par le réalisateur Denis Delestrac, qui pointe du doigt les grands cimentiers.

Journaliste de formation, Denis Delestrac est aujourd’hui réalisateur indépendant. Avec « Sand Wars » (en France, « Le Sable : enquête sur une disparition »), un documentaire de 74 minutes, il vient de terminer un film choc. Coproduit par Arte et une chaîne canadienne, le film va bientôt sortir aux États-Unis. En France et en Allemagne, il a battu des records d’audience pour un documentaire lors de sa diffusion sur Arte le 28 mai. Il est encore disponible sur Arte futur. Il sera présenté à Etel (56) jeudi et Trébeurden (22) vendredi.

Que démontre votre film ?
Que le sable n’est pas une ressource infinie. La consommation de l’homme est très rapide et à grande échelle. Or, la ressource met des milliers d’années à se renouveler. C’est une ressource convoitée. Les mafias du sable sont très visibles dans certains pays. En Inde, c’est la plus puissante du pays. Au Maroc, ses intérêts sont également énormes.

Quelles sont les conséquences d’une extraction excessive ?
Il y a de très grosses répercussions sur les traits de côte. De 75 à 80 % des plages de la planète sont en train de disparaître. Le sable est une ressource que tout le monde prend pour acquise, qu’on regarde l’été sur la plage et dont on ne se préoccupe pas le reste du temps. Or, on le trouve dans le verre, le béton, les routes... Tout le modèle urbain et économique est bâti sur le sable, qu’on trouve également dans l’alimentaire, les cosmétiques, les puces électroniques etc.

Pourquoi ne prélève-t-on pas du sable dans le désert ?
Parce qu’il est trop rond, à force d’être battu par les vents. Ses grains ne s’agrègent pas, et du coup, il ne sert absolument à rien.

Les problématiques sont-elles identiques partout ?
Il y a des différences d’exploitation. Des endroits où le législateur a mieux travaillé. Mais on commence à voir des tensions géopolitiques entre pays. Certains ont épuisé leur ressource, comme Dubaï qui en importe d’Australie. Même en France, ça devient un vrai problème et personne n’en avait parlé jusqu’à présent. Ce n’était pas dans l’agenda des politiques. C’est en train d’y entrer.

Grâce à votre film...
C’est extraordinaire de réaliser un sujet et de constater que ça a des répercussions sur le terrain. Il y a des tas de gens qui me disent qu’ils ne pourront plus regarder la plage comme avant. Le lendemain de la diffusion du film sur Arte, nous étions à l’Assemblée nationale avec la députée Viviane Le Dissez (Dinan). Beaucoup de députés se sentent maintenant très concernés et un vrai programme politique est en train de naître pour réformer le code minier.

Quelles sont les causes de la disparition ?
Il y a le dragage, qu’il soit sauvage ou non, les barrages, qui bloquent 50 % du sable de la planète, et enfin le développement humain sur le littoral. Si on construit trop près de la plage, celle-ci ne peut plus reculer en hiver et elle se fait manger par les vagues.

La lutte s’organise-t-elle partout ?
Non. C’est en train de commencer en Inde, mais certains militants se sont fait tuer. En France, ça a commencé en Bretagne avec le Peuple des Dunes, à Étel-Erdeven d’abord, puis à Trébeurden. Et ça commence à inspirer d’autres personnes partout dans le monde.
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