Dernière mise à jour le lundi 15 septembre 2008
C’est un peu comme une gangrène. La mort gagne les fonds marins. Le phénomène est spectaculaire dans les eaux douces, les rivières. Parce que l’on voit les poissons flotter ventre en l’air. Dans les océans, le phénomène est moins visible. Que se passe-t-il exactement ?
La mer est obligée d’avaler des quantités incroyables de nutriments : eaux usées, engrais lessivés par les pluies. Au début, cette alimentation nourrit les algues qui prolifèrent. Mais plus elles sont nombreuses plus elles consomment l’oxygène dissout dans l’eau. Elles meurent, sont dégradées par des microbes qui eux aussi ont besoin d’oxygène. Coquillages, crustacés poissons meurent asphyxiés. La première zone morte a été identifiée dans les années 50 sur la côte adriatique. Depuis le phénomène touche 400 zones côtières sur 245 000 kilomètres carrés. Ce sont les conclusions d’une étude de chercheurs américains et suédois. Les zones les plus touchées sont les eaux calmes et limitrophes de grands bassins de population. Généralement la pollution est saisonnière, elle intervient en été lorsque les eaux se réchauffent. Elle n’est pas irréversible : de 73 à 1990, le nord-ouest de la mer Noire était mort sur 40 000 kilomètres carrés. En 1989, l’Union Soviétique coupe les subventions agricoles pour l’achat d’engrais. La mer donne tout de suite des signes de vitalité : la teneur en oxygène s’améliore. En 1995, elle retrouve son niveau normal parce que les agriculteurs ont tout simplement utilisé moins d’engrais. Ce n’est pas le cas pour les 400 zones mortes recensées : 4% seulement d’entre elles respirent un tout petit peu mieux. Les zones mortes sont un danger pour les élevages de poissons ou de crustacés situés le long du littoral. Mais aussi pour la vie sauvage.