Dernière mise à jour le mardi 23 septembre 2008
Cette fois ci ce ne sont pas les écologistes qui dénoncent la gestion du stock de thons rouges mais des experts indépendants. Ils réclament un moratoire sur la pêche.
ITTAC.... c’est l’organisation intergouvernementale née en 1969 pour gérer les stocks de thon rouge. La majorité des pays riverains de l’atlantique et de la méditerranée plus le japon sont membre de l’ITTAC .Tous les deux ans, l’Ittac émet des avis sur les quotas. Elle se base sur son comité scientifique. Mais comment les scientifiques se débrouillent ils pour compter les poissons ? Ils se basent sur les déclarations des pêcheurs eux mêmes. Sur les quantités débarquées dans les ports. L’évaluation est biaisée. Parce que les bateaux de pêche peuvent débarquer leur cargaison en pleine mer sur des navires usines qui transforment les poissons. Parce qu’ils peuvent aussi livrer les poissons dans les fermes d’engraissement qui pratiquent l’embouche. La méthode consiste à engraisser les thons pour que leur chair atteigne la qualité requise pour la fabrication des sushis et des sashimis. Depuis 2002, la majorité des prises n’est plus débarquée dans les ports. Bref tout est réuni pour que les prises soient sous évaluées. D’autant que si le monde de la pêche donne les vrais chiffres, il s’expose une réduction des quotas de pêche. Le fonctionnement de l’ITACC est un échec. La commission le savait lorsqu’elle a demandé à un panel d’experts indépendant d’évaluer son travail. Le verdict est sévère : la gestion du thon rouge est une "Honte internationale" d’après le rapport qui vient d’être rendu public. Parce que les recommandations des scientifiques ne sont jamais entendues. Il y a deux ans, ils fixaient le quota de pêche à 15 000 tonnes par an pour préserver l’espèce. Sous la pression des pays membres, pays pêcheurs, le quota a été réévalué à 29 500 tonnes, presque le double. Et cette année, les navires ont sorti de l’eau 60 000 tonnes de thon. Les experts plaident pour l’interdiction de pêcher pendant deux à 5 ans. Cette fois ci ce n’est pas le monde des protecteurs de l’environnement qui parle mais des experts indépendants.