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Hillion. Profession, chasseur de goélands

Dernière mise à jour le lundi 1er avril 2013

Article paru
sur le site "Télégramme" - 28 Mars 2013
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Il n’aime pas la chasse et ne prend aucun plaisir à tuer. Pourtant, depuis onze ans, Pascal Pihan est gardien de parcs à moules, salarié par les mytiliculteurs de la baie. Sa mission : empêcher les goélands de faire un carnage au milieu des naissains de moules. Quitte à tuer...

C’est une histoire qui débute en 2002, par un rendez-vous chez... le podologue. Amoureux de la mer, comme son patient qu’il connaît depuis l’enfance, le praticien livre ce jour-là à Pascal Pihan une information qui va changer le cours de sa vie : les mytiliculteurs de la baie de Saint-Brieuc cherchent un nouveau gardien pour leurs parcs à moules. Passionné de navigation, l’ancien pêcheur de Terre-Neuve (qui fut aussi militaire, agent de sécurité, coursier, déménageur, vendeur de crêpes et de galettes et même salarié d’un bowling) n’hésite pas très longtemps et décide de répondre à l’appel de la mer. Même s’il ne sait pas trop ce qui l’attend.

Dix-sept ans sans chasser

« Je me suis présenté là-bas sans vraiment savoir en quoi consistait ce travail de gardien. Les seuls critères, c’était d’être détenteur du permis bateau et de posséder son propre matériel », se souvient Pascal Pihan. Ses futurs employeurs demandent également au quadragénaire s’il dispose du droit de chasse. Il répond par l’affirmative. « J’avais passé mon permis en 1983 mais j’avais arrêté deux ans plus tard parce que ça ne m’intéressait pas du tout. » Quelques jours plus tard, Pascal Pihan démarre donc dans sa nouvelle activité. Son rôle : préserver les moules de leurs principaux prédateurs : les macreuses (qu’il effarouche avec son bateau, de novembre à mars) mais, surtout, les goélands argentés.

Entre 50 % et 70 % de la récolte peut disparaître

Du 1er juin au 31 octobre, le gardien prend le volant de son tracteur, son bateau accroché à l’arrière, direction les bouchots. Là, il guette les volatiles marins à bord de son embarcation. Car les goélands, dès que la mer se retire, se jettent affamés sur les pieux recouverts de moules. « Si on les laisse faire, ils peuvent manger entre 50 % et 70 % de la récolte. »

Le goéland, c’est le voleur

Leur proie ? Les larves et les toutes petites moules, dont la taille n’excède pas 1,5 cm. « Ils les avalent entièrement », livre Pascal Pihan. Pour éviter ce festin, le gardien des bouchots slalome entre les rangs de pieux avant, parfois, de tirer et de tuer. « Après, j’ai du mal à les regarder dans le bateau. Je n’aime pas abattre les animaux », poursuit le chasseur, très souvent interpellé lorsqu’il parle de son travail. « On me dit que ce que je fais est dégueulasse. Mais le goéland, c’est un véritable fléau pour les mytiliculteurs. De plus, je ne suis absolument pas un fou de la gâchette ».

Pas le droit de tuer plus de 100 goélands par an

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