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Huîtres. Étonnante surproduction

Dernière mise à jour le lundi 30 mars 2015

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 29 Mars 2015
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Après avoir craint pour le devenir de l’huître creuse, les ostréiculteurs se retrouvent, depuis l’automne, en situation de surproduction.
Les prix commencent à s’effondrer. Comment réguler à l’avenir les volumes de production ? Les débats sont animés. En attendant, une campagne de promotion des « huîtres de Pâques » est prévue, afin d’écouler les stocks.
Bon appétit ! Les parcs et bassins sont encore pleins. La filière se serait-elle laissée surprendre ? Début mars, le Comité (informel) de survie de l’ostréiculture a tiré la sonnette d’alarme : « L’heure est grave. Des centaines de tonnes d’huîtres creuses sont invendues. Personne n’en veut ! ».
Ostréiculteur traditionnel de la rivière d’Étel, Jean-Noël Yvon estime les stocks à « près de 30.000 tonnes d’huîtres creuses sur un total annuel de plus de 100.000 tonnes ». « La situation est connue depuis la fin de l’été et s’est trouvée confirmée à Noël », rappelle Renan Henry (Saint-Philibert), porte-parole du comité de survie.
Le consommateur a rogné sur ses dépenses à Noël. Alors que les ostréiculteurs écoulent habituellement 60 à 80 % de leur production pendant les fêtes de fin d’année. « Pourtant, aucune campagne de promotion n’a été lancée, depuis, par les comités régionaux de la conchyliculture pour relancer la consommation. » La nouvelle est en tout cas surprenante pour le consommateur à qui l’on assène, depuis quelques années, que les prix élevés (jusqu’à 9 € le kg de nº3) se justifient par la raréfaction des creuses.
Une production tous azimuts mal maîtrisée Depuis l’apparition d’un virus (non transmissible à l’homme) qui a décimé les juvéniles d’huîtres creuses en 2008, les professionnels ont cherché des solutions alternatives. Mais en ordre dispersé. Certains se sont mis en quête de sites non contaminés en France, mais aussi en Irlande, à Jersey et au Portugal (+ 30.000 tonnes en 2014). Quelques-uns sont même allés chercher du naissain naturel résistant au Japon… juste avant la catastrophe de Fukushima.
Les tenants de l’huître naturelle ont multiplié les collecteurs de naissain sur le littoral… sept fois plus nombreux aujourd’hui. De nouvelles écloseries ont ouvert leurs portes tandis que les plus anciennes agrandissaient leurs installations. Indirectement encouragées les unes et les autres par les aides aux ostréiculteurs : les « calamités agricoles » compensaient la mortalité du naissain même en écloserie. Et indirectement encore par Ifremer qui mettait en avant la sécurité sanitaire du naissain d’écloserie.
Aujourd’hui, le taux de surmortalité des jeunes huîtres, voire même des huîtres adultes (phénomène plus récent), reste très élevé. Et pourtant, il y a encore trop d’huîtres sur le marché. La solution passera-t-elle par l’« huître de Pâques » ?

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/huitres-etonnante-surproduction-29-03-2015-10575153.php

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