8 février : Un parc marin sur le Bassin8 février : La géophysique se dote d’une très grande infrastructure de recherche, RESIF8 février : Vers une bouée "intelligente" à l’écoute des poissons et des oiseaux en mer8 février : Les parcs éoliens offshore bientôt équipés de bouées pour étudier les poissons8 février : Michel Ségonzac : « Sans ces bactéries, on n’aurait pas "Les Experts" ! »8 février : Algues, la nouvelle vague ? (entretien original)8 février : Au Mont Saint Michel, la mer commence à regagner du terrain7 février : La recherche océanographique se met à flot en Méditerranée7 février : Pêche. Bruno Le Maire se prononce en faveur de quotas européens de 5 ans7 février : EN IMAGES. Un crustacé géant découvert7 février : Au cœur des sources hydrothermales les plus profondes7 février : En 2013, les petits métiers pourraient avoir l’autorisation de pêcher le thon rouge7 février : Les Mercredis de l’Institut océanographique de Paris /La biodiversité marine : une richesse sans fond ?6 février : Un nouvel outil pour la qualité des eaux6 février : Ophiures. Ces étoiles mangeuses d’algues vertes6 février : Le robot met les voiles6 février : Pêche durable : naissance d’un écolabel6 février : Le Mont-Saint-Michel redevient peu à peu une île6 février : Peuple des Dunes écrit au ministre de l’Agriculture31 janvier : Un chalut allégé et plus fluide dans l’eau pour économiser 17 % de gasoil31 janvier : La biodiversité marine de Bretagne31 janvier : Brest. 1,5 million d’euros pour agir en mer d’Iroise en 201231 janvier : VAIMOS, le robot voilier intelligent, établit un nouveau record de distance31 janvier : Pew préconise la mise en œuvre de réformes à la réglementation de la pêche en eau profonde de l’Union Européenne31 janvier : Un million de clics contre la pollution des mers par le plastique31 janvier : Les migrations des tortues mieux connues26 janvier : Pêcheurs de Bretagne veille sur le stock de cabillaud26 janvier : L’André Malraux, navire de recherche archéologique baptisé à La Ciotat26 janvier : La hausse du pouvoir d’achat en Asie, menace pour les poissons de mer26 janvier : Les renouvelables, vedettes des Assises de l’énergie26 janvier : Microalgues : la recherche continue pour rendre compétitif ce biocarburant26 janvier : Bulgarie : la pêche d’esturgeons interdite26 janvier : Surmortalité des huîtres - la recherche dégage des pistes26 janvier : Une université de la biodiversité sera créée en Guyane26 janvier : A la recherche des premières traces26 janvier : Toulon : l’une des plus belles épaves du monde va livrer son secret26 janvier : Un forage pour percer les secrets du Golfe du Lion26 janvier : Lanildut, le grand port des faucheurs de goémon26 janvier : TK Bremen.Nouvelle pollution aux hydrocarbures26 janvier : Diatribe contre les écolos26 janvier : Brest - Capitale des sciences et technologies de la mer26 janvier : Les promesses des créatures de l’extrême26 janvier : La vie foisonnante des abysses26 janvier : Santé. Attention à certains poissons d’eau douce26 janvier : Hydrolienne. Premier bilan après trois mois d’immersion26 janvier : C’est l’heure d’un premier bilan pour le label MSC après 10 années d’existence18 janvier : Natura 2000 en mer. 2012 année décisive18 janvier : L’hydrate de méthane : le nouveau pétrole ?18 janvier : Renouvelables : Jean-Louis Mathias prend les rênes d’EDF EN18 janvier : Un cadeau empoisonné ?18 janvier : Les geysers sous-marins les plus profonds du monde grouillent de vie18 janvier : La Bretagne veut vite tourner la page du "TK-Bremen"18 janvier : Des bactéries dévoilent la vie méconnue de la croûte océanique18 janvier : Dans les profondeurs des océans, la course aux richesses métalliques est lancée…18 janvier : Theix. Pêcheurs et ostréiculteurs dénoncent le rejet des vases en mer18 janvier : Algues vertes : « un risque pour l’image de la baie »16 janvier : Le changement climatique pourrait être positif pour les albatros16 janvier : Extraction de sable. Le Peuple des dunes Trégor réagit16 janvier : Le département aime les énergies marines16 janvier : Dix candidatures pour 600 éoliennes en mer16 janvier : Les énergies marines sont prêtes pour le jour J16 janvier : Un centre d’essais d’hydroliennes à Bordeaux16 janvier : Fonds marins. Les geysers sous-marins grouillent de vie16 janvier : Bain bien chaud pour les crevettes inconnues16 janvier : TK Bremen. Des fonds de cuve s’échappent dans la mer16 janvier : Extraction de sable. La CAN défend son projet16 janvier : Nouvelle-Zélande : trois mois après, le cargo échoué s’est brisé3 janvier : Hérault Nos rivières pas si claires3 janvier : L’océan au goût amer3 janvier : Le poisson va-t-il coûter moins cher ?Décembre 2011 : Les huîtres de nouveau décimées par l’herpèsDécembre 2011 : Les oiseaux marins, victimes collatérales de la surpêcheDécembre 2011 : Surmortalité. « Vers une sortie de crise »Décembre 2011 : Bernard Decré, l’homme qui va (peut-être) retrouver l’Oiseau blanc, l’avion de NungesserDécembre 2011 : Deux tiers du poisson pour les hommes, un tiers pour les oiseaux marinsDécembre 2011 : Sur la route des huîtresDécembre 2011 : La recherche de pétrole au large de Marseille fait des vaguesDécembre 2011 : « L’huître est plus rare, donc plus chère »Décembre 2011 : Le syndicat des pêcheurs corses s’oppose au futur centre de recherches océanographiquesDécembre 2011 : Le parc naturel marin dans sa phase finaleDécembre 2011 : Le directeur des pêches et de l’aquaculture aux côtés des ostréiculteursDécembre 2011 : Le plancton : un groupe hétéroclites d’organismes qui vivent en suspension dans l’eauDécembre 2011 : Interview de Maud Fontenoy : « J’embarque pour l’Antarctique »Décembre 2011 : Les oiseaux marins menacés de famine à cause de la surpêcheDécembre 2011 : La Comex, qui a conquis les mers du monde, redevient une petite entrepriseDécembre 2011 : Les huîtres plus rares, donc plus chères
Accueil du site > Actualités de la mer > Huîtres : pénurie annoncée pour les fêtes de 2010

Huîtres : pénurie annoncée pour les fêtes de 2010

Dernière mise à jour le lundi 4 janvier 2010

La Dépêche - Mardi 29 Décembre 2009



Huîtres : pénurie annoncée pour les fêtes de 2010

Ostréiculture. Les producteurs s’inquiètent de la surmortalité des jeunes mollusques dans les bassins.

Chaque année, pour les fêtes, un milliard d’huîtres quittent leur puériculture marine pour finir sur nos tables gourmandes. Un milliard de crassostrea gigas, c’est 80 000 tonnes d’huîtres, soit 10 % de la production halieutique française consommée à Noël et au Nouvel An. Qui pourrait imaginer qu’avec de tels chiffres, gages d’une réelle vitalité économique, le coquillage préféré des Français serait en danger ? Pourtant, les ostréiculteurs n’ont plus le moral.

Certes, ce n’est pas la première fois que l’huître arcachonnaise, pour ne parler que d’elle, traverse une crise. Dans le Bassin, l’épizootie d’origine virale de 1971 reste dans les mémoires. Totalement décimée, l’huître portugaise fut remplacée, au cours d’une importation expérimentale, par l’huître japonaise, la crassostrea gigas. Une espèce réputée pour son rendement et sa fertilité.

Les années passent et les ostréiculteurs s’inquiètent des conséquences de la surmortalité des jeunes huîtres enregistrée depuis 2 ans. Pas de problème réel encore, puisque ce sont les huîtres âgées de 3 ans que nous consommons pour le Nouvel An. L’Ifremer, l’État, les professionnels et les écloseries tentent d’attaquer le mal à la racine. Un programme de recherche a été mis au point, parfois avec un plan de réensemencement des parcs avec une variété d’huître plus résistante. Mais il y a un autre phénomène, plus indomptable celui-là : c’est l’acidification des océans à mesure que l’atmosphère s’enrichit en gaz carbonique. Un processus qui empêchera certaines espèces (moules, huîtres…) d’utiliser les carbonates pour fabriquer leur coquille… Le commencement de la fin ?

J.-M.D.


Attentions aux allergies

Oui, il y a des allergies sévères aux huîtres, de celles qui vous prennent brutalement et vous condamnent à d’insupportables douleurs d’estomac.

Ceux qui en ont été victimes n’y reviennent plus jamais, persuadés d’avoir à supporter les mêmes souffrances, tant elles sont violentes. Pourtant, affirme la littérature médicale, les allergies aux huîtres ne sont pas graves. Il en est de même pour les moules, les coques ou les escargots. Les problèmes proviennent en priorité du manque de fraîcheur des mollusques parfois contaminés par des virus ou des bactéries, ceux-là mêmes qui provoquent des problèmes digestifs.

UNE ODEUR SUSPECTE ? ABSTENEZ-VOUS

Un conseil qui va de soit : si une huître présente une odeur suspecte, abstenez-vous.

Si vous avez déjà été malade, ce n’est pas forcément une allergie. Si le problème se renouvelle, mieux vaut consulter un allergologue qui pratiquera ce que l’on appelle un prick-test. Le praticien pique la peau avec un extrait d’huître, ce qui permet de déterminer si vous êtes allergique. Dans ce cas, une papule rouge se dessine à l’endroit de la piqûre.


Dans le Bassin de Thau.

« On redoute une pénurie en 2010 »

Dans les mas ostréicoles du Bassin de Thau (Hérault), les producteurs comptent et recomptent les huîtres. Tous pourront fournir leurs clients pour le réveillon de fin d’année et les premiers gourmets de janvier, avant de plonger dans l’inconnu de 2010, celui de la rareté des produits. « Deux années de suite, nous avons dû faire face à une très forte mortalité des naissains (bébé huître) : 30 % en 2008, 80 % en 2009. Pour servir mes clients en 2010, il me reste une demi-table de production, soit 3 tonnes de stock. Cela signifie que l’on tiendra les marchés du premier trimestre. Mais pour l’été, on ne sait pas. Ici, il faut entre 12 et 18 mois pour faire grossir une huître. C’est un cycle court mais incompressible, même en collant des naissains de trois centimètres. » Philippe Ortin est producteur à Marseillan (Hérault). Il a ses habitudes dominicales sur le marché de Léguevin (Haute-Garonne) à dix minutes de Toulouse. Il exploite sept tables pour une production annuelle moyenne de 30 tonnes. Pour cette année 2009, déjà, sa récolte a chuté : 20 tonnes maxi. « Sur l’ensemble du bassin, les tables de production sont chargées à moitié, à peine. Cette année, on sortira 10 000 tonnes au lieu de 12 000 tonnes. Et en 2010, on va tomber à 5000 tonnes. Le seul avantage de cette situation, c’est que les huîtres sont moins nombreuses, mieux nourries et donc plus grosses. La quasi-totalité de la récolte est classée en spéciale, c’est-à-dire plus de 12 % de chaire égouttée sur le poids total » poursuit-il. « Cela donne une vraie noix dans la coquille. Mais la production en tonnes, chez nous aussi sera en retrait de 50 %. Les producteurs hésitent à remettre des naissains tant qu’ils ne connaissent pas les causes de cette mortalité exceptionnelle et répétitive » ajoute Jean Claude Archimbeau de la Côte Bleue à Bouzigues (Hérault) qui se console avec la qualité exceptionnelle gustative et sanitaire, de la production de cette fin 2009 avec juste ce qu’il fallait d’eau douce et d’eau de mer cet automne dans la lagune. Les cours enfin sont stables : légère hausse de 30 centimes au kilo sur le marché de gros et un prix public entre 4,5 € et 5€ le kilo de N° 3. En 2010, forcément, ce sera une autre histoire.

Christian Goutorbe


Leucate : plus de coquillages dès le printemps ?

Les 24 producteurs de Leucate (Aude), n’ont pas échappé à la surmortalité des juvéniles au printemps dernier. Les parcs audois ont été touchés de plein fouet, entre 50 et 70 %. « En année normale, nous sortons 800 tonnes. En 2009, nous aurons produit environ 400 tonnes. Et 2010 sera encore plus difficile, même si nous avons tenté de réimplanter massivement des juvéniles en octobre. C’est un effort conséquent. J’espère que cette fois-ci, les petites huîtres survivront » explique Ange Gras, le président du syndicat de producteurs. Ici, comme à la lagune de Thau, les dégustateurs pourront encore se régaler au premier trimestre. L’ombre de la pénurie des huîtres va planer à partir du printemps prochain. Et les gros calibres relevés en cette période de fêtes ne permettent pas de compenser le déficit de production.


Dans le bassin d’Arcachon, des producteurs dénoncent les pratiques industrielles.

Les « huîtres de laboratoire » montrées du doigt

Avec 70 % des naissances d’huîtres, le Bassin d’Arcachon est en quelque sorte le berceau de la production française. Ici certains n’hésitent pas à montrer du doigt les « apprentis sorciers qui manipulent la nature pour augmenter les bénéfices » à l’image de Bernard Delis le vice-président du syndicat des ostréiculeurs de Gujan-Mestras qui dénonce une volonté de concentrer industriellement la reproduction et de « faire disparaître dans la foulée les petites entreprises ostréicoles au profit de quelques grands qui se partageraient le marché ».

Retour sur image : « En 2007 il y a eu peu de naissances et un appel massif aux écloseries a été fait. En 2008, ce qui est mort c’est le naissain artificiel. Ces huîtres triploïdes (NDLR nées d’une manipulation en laboratoire qui les rend stériles) font crever les nôtres. Comme par hasard, les premières touchées en cas de mortalités sont celles des parcs qui se situent à proximité de ceux qui contiennent des triploïdes. Les autres, celles nées naturellement résistent mieux… »

90 % DE MORTALITE

Ils sont quelques-uns venus de plusieurs départements à être ainsi à l’origine de la création de l’association Ostréiculture Naturelle : « Heureusement qu’il y a encore des ostréiculteurs qui se décarcassent pour laisser sa place à la nature ! » Un point de vue largement partagé par Maria Douet installée de l’autre coté du Bassin, à la pointe du Cap-Ferret : « Les confrères qui achètent des triploïdes sont de plus en plus nombreux. Dans leur cheptel ils enregistrent 90 % de mortalité. Nous qui les faisons naître sans manipulation nous en sommes à 60 %. La mortalité normale chez les jeunes huîtres est de 30 %. Les scientifiques disent qu’elles sont attaquées par le virus de l’herpès. Moi je pense qu’il faut chercher du coté des nurseries industrielles… »

Rendues stériles, les triploïdes croissent en deux ans au lieu de trois naturellement : « Cela supprime la période où elles sont laiteuses avant la ponte et permet à certains de vendre plus et plus vite… L’énergie dépensée par les nôtres pour se reproduire, les triploïdes l’utilisent à croître. Chez nous naissent des diploïdes qui ont deux paires de chromosomes comme vous et moi ! », martèle Maria Douet.

Éric Moreau



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP