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Huîtres : une nouvelle bactérie tueuse dans les parcs

Dernière mise à jour le mardi 8 octobre 2013

Article paru
sur le site "Sud Ouest" - 04 octobre 2013
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Son nom : Vibrio estuarianus. C’est le nom du nouveau fléau ostréicole. Une bactérie que les scientifiques ont identifiée dans leurs éprouvettes dès 2002 et qu’ils retrouvent aujourd’hui dans 100 % des lots d’huîtres adultes japonaises qui arrivent mortes sur leurs paillasses.

Alors que les ostréiculteurs ne sont toujours pas sortis de la crise des surmortalités du cheptel juvénile qui les accable depuis 2008, voici qu’aujourd’hui, leurs huîtres de taille marchande, celles qu’ils préparaient pour les ventes de cette fin d’année, des lots de 3 ans d’âge en général, bâillent au soleil. « Il suffit de les manipuler, de brasser les poches, le simple fait même de les ramener à la cabane, et elles crèvent », exprime cette ostréicultrice de La Tremblade, en Charente-Maritime.

Mortalité d’huîtres juvéniles, mortalité d’huîtres adultes : aucune ne présente de risque pour le consommateur qui achète les produits survivants ; le danger est pour l’équilibre des entreprises conchylicoles, qui, dans le cas des huîtres adultes, vont se trouver amputées d’un chiffre d’affaires immédiat.

La gangrène a commencé ses ravages au seuil de l’été, et elle ne paraît pas jugulée. Aucun des centres de production français - Marennes-Oléron et Arcachon n’échappent pas à la terrifiante logique - n’est en marge du phénomène qui frappe les parcs de finition, ceux où l’éleveur pose ses huîtres pour les engraisser avant la vente, de manière très hétérogène.

En Charente-Maritime, la Direction des territoires et de la mer a tenté d’évaluer l’ampleur du phénomène. 142 concessions, du nord au sud du département, ont été visitées lors des dernières grandes marées, et jusqu’à la semaine passée, au fil de 22 sorties sur l’estran. Le bilan ? « C’est la crise du désespoir, commente le député Didier Quentin, qui suit de près les dossiers conchylicoles. Cela fait des années que j’entends les difficultés de la profession. Mais j’ai l’impression que, cette fois, c’est d’une gravité tout à fait exceptionnelle. » Et, de fait, les contrôles de l’administration ont relevé des variations de 1 à 90 % de pertes suivant les parcs. Autre pourvoyeur d’informations techniques, le Centre régional d’expérimentation et d’application aquacole du Château-d’Oléron, dans les 11 parcs tests de son observatoire conchylicole et les lots d’huîtres, avec une moyenne approchant les 25 % pour l’ensemble.

Quand elle se retourne vers l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), la profession exige - fermement pour une part des ostréiculteurs - des réponses. Pourquoi ce phénomène ? Le président du Comité régional conchylicole et président national des conchyliculteurs, Gérald Viaud, incite au calme, soupesant toute la difficulté pour les chercheurs d’avancer sur le terrain de la connaissance de phénomènes nouveaux et complexes.

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