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Ifremer. Trois pistes à l’étude (huîtres)

mortalité des huîtres

Dernière mise à jour le mardi 5 août 2008

"Télégramme de Brest" - 16 juillet 2008


Ifremer. Trois pistes à l’étude

Une cellule de crise a été mise en place à l’Ifremer pour tenter d’élucider ce mal mystérieux qui décime les populations de jeunes huîtres. Elle est coordonnée par André Gérard, le directeur de la station de La Tremblade, en Charente-Maritime.

Où en êtes-vous de vos recherches ?
Pour l’instant, on n’a pas d’explications. Nos recherches prennent en compte trois causes possibles qui peuvent se combiner. La première piste est environnementale. C’est une cause classique. Au début de l’été, l’augmentation de la température avec une abondance de nourriture peut fragiliser les jeunes huîtres. Il y un emballement du métabolisme qui peut entraîner une mortalité, sauf que cette année, la mortalité est bien supérieure à celle que l’on observe habituellement. La seconde piste, ce sont les algues toxiques. Il ne faut pas l’écarter, j’ai vécu cela sur la coquille Saint-Jacques il y a quelques années. La troisième, c’est malheureusement la piste pathogène.

Vous n’avez pas retrouvé d’élément pathogène ?
Non, pour l’instant nous n’avons pas retrouvé de pathogène unique qui serait le signe d’une épizootie généralisée. Ce pourrait être ce qu’on appelle une pathologie opportuniste, laquelle se combine en général avec une cause environnementale. En général, cela se retrouve. La piste de la pathologie exotique est également une hypothèse. Un virus connu dans le monde, mais qui n’est pas de chez nous et qui serait arrivé sur les côtes européennes. Il peut aussi s’agir d’un pathogène nouveau que l’on ne connaît pas.

Comment expliquer que tous les bassins soient touchés en même temps ?
C’est effectivement la nouveauté du phénomène. D’habitude, les mortalités estivales suivent un gradient sud-nord. Il y a une simultanéité et une fulgurance qu’il est pour l’instant difficile d’expliquer.

Craignez-vous une épizootie comparable à celle des années 1970 ?
On ne sait pas. Il faut attendre les résultats des analyses. J’espère que l’on va rester sur une cause environnementale. Je comprends l’impatience des professionnels mais il nous faut un peu de temps. Dans les années 70, il avait fallu cinq ans pour trouver les virus responsables.

En attendant, on peut continuer à consommer des huîtres ?
Bien sûr, cette mortalité des juvéniles n’engage absolument pas la qualité des produits adultes. Il faut continuer à manger des huîtres...

Propos recueillis par Y.C.

André Gérard, chercheur à l’Ifremer, rassure les consommateurs. Il n’y a aucun danger à manger des huîtres.



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