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Japon : un an après le séisme, qu’est-ce qui a changé ?

Dernière mise à jour le jeudi 15 mars 2012

Article paru sur le site "La Recherche" - Vendredi 09 Mars 2012
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Japon : un an après le séisme, qu’est-ce qui a changé ?

Le 11 mars 2011, le Japon a subi le plus terrible séisme de son histoire. Une catastrophe naturelle suivie d’un tsunami dévastateur et d’un accident nucléaire sans précédent. Des conséquences géologiques à la politique énergétique, retour sur ce qui a changé depuis.

11 mars 2011, 14h46. Le Japon subit un séisme de magnitude 9, dont le foyer est situé dans l’océan Pacifique, à 72 kilomètres de la côte nord-est du pays, et 24 kilomètres de profondeur. C’est le cinquième séisme le plus important jamais enregistré depuis le début du XXe siècle.

La suite, tout le monde la connaît. A peine une demi-heure après les secousses, un tsunami balaye le littoral. La centrale nucléaire de Fukushima-Daichi n’y échappe pas. Elle est percutée de plein fouet par la vague de 15 mètres de haut, provocant une cascade d’avaries et de dysfonctionnements qui aboutiront à la fusion de trois réacteurs. Il faudra plusieurs mois à Tepco, l’opérateur de la centrale, pour stabiliser la situation (voir la chronologie).

1 - Un terrible bilan humain

Selon le dernier bilan officiel, rendu public fin 2011, 15846 personnes ont péri lors du séisme et du tsunami du 11 mars. Près de 4000 personnes sont toujours portées disparues. Ces chiffres devraient, selon toute vraisemblance, être revus à la hausse dans les mois qui viennent, de nouveaux corps étant régulièrement découverts.

Les souvenirs de la catastrophe hantent toujours les Japonais, qui tentent tant bien que mal de retourner à une vie normale, avec humilité et retenue. Un exemple en dit long : les festivités de la traditionnelle fête de l’hamani, qui célèbre la floraison des cerisiers, sont annulées cette année, en signe de deuil. Pour autant, les Japonais ne baissent pas les bras, au contraire. Le Kizuna, qui représente le lien social, a même été érigé en idéogramme de l’année.

2 - Le Japon plus à l’est, des journées plus courtes

Des jours plus courts, et une géographie à revoir, telles sont les conséquences géologiques du séisme du 11 mars dernier. Ce dernier a été déclenché par le glissement de la plaque Pacifique sous la microplaque d’Okhotsk. Résultat, la partie nord de Honshu, l’île principale de l’archipel nippon, s’est déplacée de deux mètres vers l’est en moyenne, et s’est enfoncée d’une cinquantaine de centimètres.

La redistribution des masses qui en a résulté a affecté la vitesse de rotation de la Terre. Selon la NASA, celle-ci a légèrement augmenté. Mais pas de quoi chambouler les calendriers : la durée du jour n’a été raccourcie que d’1,8 millionième de seconde. L’axe d’inertie de la Terre, également sujet à la distribution des masses, a quant à lui été déplacé de 17 centimètres.

3 - Tous les écosystèmes contaminés

Difficile de savoir avec précision comment l’environnement réagit à la radioactivité qui se répand partout, dans l’air, les sols, et les océans. Aujourd’hui, la majeure partie des radionucléides détectés au Japon provient des sols. « Ces particules sont transportées par les poussières qui se déposent partout, précise Didier Champion, de l’Institut de recherche sur la sûreté nucléaire (IRSN). Mais il s’agit de particules radioactives qui pour la plupart ont été émises au moment de l’accident. Quelques radionucléides s’échappent encore de la centrale, mais en des quantités qui n’ont plus rien de comparable ».

Analyser les éventuels effets de ces particules relève d’un travail de fourmi. La radioactivité est en effet disséminée non pas en cercles concentriques, mais en tâches de léopard (voir la carte interactive, cliquez sur le bouton tout en bas à gauche).

Tous les écosystèmes sont potentiellement concernés, y compris les cultures. « Pour l’instant les premières observations semblent montrer que les écosystèmes se portent plutôt bien. Mais il existe de nombreux effets cachés, et il faudra étudier de nombreuses espèces animales et végétales pour connaître les conséquences avec précision » ajoute Didier Champion. A ce titre, l’IRSN va par exemple participer au projet Free Bird, dont l’objectif est d’analyser l’impact de la radioactivité issue de Fukushima sur différentes espèces d’oiseaux.

Plus inquiétant, l’ocean Pacifique a reçu la majeure partie des émissions radioactives. Les scientifiques ne savent pas si la contamination aura des effets notables. Pour Didier Champion, « même si les particules se sont bien dispersées grâce aux courants océaniques, il est possible que des espèces marines aient été fortement contaminées ».

4 - Des suivis épidémiologiques pharaoniques

1,2 milliards de dollars (910 000 euros) : c’est le budget alloué par le gouvernement nippon pour suivre les effets de la contamination radioactive sur la population. Quatre grands programmes de suivi épidémiologique (PDF) ont ainsi récemment démarré. Ils concernent la totalité des habitants de la préfecture de Fukushima, soit 2 millions de personnes, les enfants, les femmes enceintes, et enfin les personnes évacuées (210 000 personnes). Ces études sont prévues pour durer trente ans au minimum.

Cet arsenal sera-t-il efficace ? « Ces études épidémiologiques ont été lancées très rapidement et semblent adaptées à la situation, relève Jean-René Jourdain, de l’IRSN. On peut toutefois reprocher au gouvernement japonais de ne pas avoir mis en place des campagnes de mesure de la radioactivité, surtout chez les enfants. C’est regrettable, car ils auraient ainsi pu identifier rapidement les enfants les plus contaminés par l’iode radioactif. C’est désormais trop tard : toute l’iode a disparu ».

La situation des 20 000 techniciens et pompiers qui sont intervenus sur le site de Fukushima entre le 11 mars et le 31 décembre est plus préoccupante. Seul l’opérateur Tepco dispose de données précises à ce sujet. Selon l’entreprise, aucun effet sanitaire directement lié à la radioactivité n’est à déplorer. Jean-René Jourdain en doute. « C’est difficile à croire étant donné les doses reçues par certains de ces travailleurs ». SIx employés de Tepco auraient en effet reçu plus de 250 millisieverts, la dose annuelle maximale admise pour les travailleurs du nucléaire.

5 - Quel avenir pour le nucléaire ?

Avant la catastrophe, les 54 réacteurs nucléaires du Japon représentaient 27 % de la capacité de production électrique du pays. Seuls deux réacteurs sont toujours en activité aujourd’hui, les autres étant arrêtés pour maintenance. D’ici cet été, ils pourraient bien être tous mis à l’arrêt, selon le ministre japonais de l’énergie, Yukio Edano. Redémarreront-ils un jour ? La question mérite d’être posée, tant les réticences de la population sont désormais nombreuses. Une telle décision serait un revirement total pour ce pays qui avait pour objectif de porter la part du nucléaire à 50 % d’ici 2030.

Pour compenser l’arrêt de tous ces réacteurs, les Japonais ont du augmenter la part des énergies fossiles. Résultat, leurs importations de pétrole et de gaz ont explosé (+ 38 % pour le gaz naturel depuis le 11 mars). Face à cette baisse spectaculaire de sa capacité énergétique, le Japon s’est adapté. Il a imposé des restrictions de consommation électrique aux entreprises dans un premier temps, avant de mettre en place des dispositifs plus incitatifs. Les énergies renouvelables pourraient également en profiter : des éoliennes off-shore vont être prochainement installées au large de la centrale de Fukushima. Tout un symbole.

Fabien Goubet



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