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L’énergie marine attire les grandes entreprises

Dernière mise à jour le jeudi 8 mars 2012

Article paru sur le site "Les Echos" - Mercredi 07 Mars 2012
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L’énergie marine attire les grandes entreprises

Après avoir raté le solaire puis l’éolien, la France peut espérer jouer un rôle dans les énergies marines grâce à deux arguments majeurs. D’abord, une importante façade maritime, en métropole comme en outre-mer pour développer puis exploiter ces différentes technologies. Ensuite, « le profil de nos grands opérateurs ou industriels venant de l’énergie, du monde pétrolier et de la construction navale correspond aux exigences de ce secteur », explique Alexis Gazzo, responsable des « cleantech » et du développement durable chez Ernst & Young.

Ces grandes entreprises, EDF, Alstom et DCNS en tête, se sont d’ailleurs mises à l’eau assez tôt. EDF exploite déjà sur la Rance la première usine marémotrice du monde (1967) qui, avec une puissance de 240 mégawatts, peut alimenter une ville de la taille de Rennes. Pourtant, même si EDF a un autre projet dans la baie de Fundy au Canada, les quatre usines exploitées dans le monde ont peu de chances de se multiplier, « en raison de leurs coûts d’investissement et de leur impact environnemental », note une étude récemment publiée par Alexis Gazzo et disponible sur le site d’Ernst & Young.

Derrière, plusieurs technologies sont en concurrence : les hydroliennes, les éoliennes flottantes, l’énergie des vagues et l’énergie thermique des mers. Les deux premières sont les plus mûres d’un point de vue technique. EDF mise avant tout sur l’hydrolien. « Parmi les technologies récentes, nous pensons que c’est elle qui va atteindre la maturité économique en premier, d’ici dix à quinze ans », estime Xavier Ursat, directeur délégué de la division production et ingénierie hydraulique à EDF.

DCNS, pour sa part, reste actif sur les quatre filières. « Chacune d’entre elles possède encore le potentiel de se développer pour donner lieu à une activité rentable », explique Frédéric Le Lidec, directeur de l’incubateur énergies marines du groupe de construction navale.

Tous les grands acteurs privilégient des collaborations avec des spécialistes souvent plus petits. Dans le domaine de l’hydrolien, DCNS a ainsi pris 11 % du capital dans la petite société irlandaise Openhydro, tandis qu’Alstom a passé des accords de licence avec la société canadienne Clean Current. Alstom a aussi pris 40 % d’un pionnier de l’énergie houlomotrice, l’écossais AWS.

Pour rester dans la course, les industriels attendent une politique volontariste de l’Etat avec des tarifs de rachat suffisamment élevés, insiste Philippe Gilson, directeur des énergies marines chez Alstom et qui préside la commission énergies marines au sein du Syndicat des énergies renouvelables : « En 2020 les énergies marines permettront de produire une électricité meilleur marché que celle produite à partir du solaire aujourd’hui. Dès lors, nous attendons du gouvernement qu’il établisse des tarifs de rachat permettant à cette filière de se développer. »
Tester les technologies

Les acteurs de la filière, qui regroupe, aussi des PME innovantes et plusieurs laboratoires, attendent également beaucoup du projet France Energie marine (143 millions d’euros au total), piloté par l’Ifremer. Il vise à mettre au point des plates-formes permettant de tester chacune des technologies en mer, ainsi qu’à Bordeaux pour des hydroliennes destinées aux estuaires.

France Energie marine testera aussi l’énergie thermique des mers, qui est l’approche la plus futuriste. Elle consiste à exploiter la différence de température entre les eaux superficielles et celles des profondeurs. Un premier démonstrateur va être installé sur terre à La Réunion afin de démontrer la validité du concept. Les difficultés techniques resteront ensuite énormes, puisqu’il faudra savoir pomper de l’eau par 1.000 mètres de fond et la faire remonter dans des tuyaux de 5 mètres de diamètre, et ce pendant vingt-cinq ans.

L’objectif de France Energie marine est d’être sélectionné au titre des investissements d’avenir pour constituer un institut d’excellence des énergies décarbonées (IEED), avec à la clef un financement public de 43 millions d’euros. Depuis plusieurs semaines, le projet est suspendu à une décision du gouvernement.

FRANK NIEDERCORN



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