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L’ostréiculture emportée par une vague de surmortalité

Dernière mise à jour le mardi 13 août 2013

Article paru
sur le site "Charente libre" - 01 Août 2013
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C’est l’hécatombe. Depuis le début de l’été les ostréiculteurs constatent une surmortalité des huîtres. La faute au vibrio aestuarianus, une bactérie qui ravage les parcs depuis 2008. Cette maladie qui touchait surtout les jeunes mollusques concerne désormais les adultes. "Le taux de mortalité peut grimper jusqu’à 90 % sur certains lots. Moins le cheptel est important et plus l’impact est visible. C’est progressif et ça ne peut qu’aller en s’aggravant", explique Gérald Viaud, président du Comité national conchylicole. La production est en chute libre. 80.000 tonnes d’huîtres ont été produites en 2012, contre 130.000 tonnes en 2008. "Et ça devrait encore baisser cette année", prévient l’ostréiculteur de Chaillevette en Charente-Maritime.

Dans le marasme, la Charente-Maritime s’en sort mieux que les autres. 40.000 tonnes d’huîtres y ont été produites l’année dernière en faisant venir des lots de Vendée et de Bretagne lors de l’affinage. "Notre commerce est plus percutant grâce à la renommée de l’appellation Marennes-Oléron", explique Gérald Viaud. Pour maintenir un niveau de production acceptable, les ostréiculteurs sont contraints de puiser dans les gisements naturels qui ne sont pas frappés par la maladie. "Si ça continue, on va finir par tout ramasser", prévient Gérald Viaud, qui milite pour la mise en place d’une gestion raisonnée afin de préserver la ressource. Si les causes de la maladie restent incertaines, les scientifiques tentent de trouver la parade à travers le programme Score. Objectif : sélectionner des souches plus résistantes grâce à la génétique, et les réintroduire dans le milieu naturel.

"On tient le coup mais c’est difficile"

La surmortalité met en danger toute la filière ostréicole. En Charente-Maritime, elle représente 1.250 entreprises, 10.000 emplois, et 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Certaines entreprises ont déjà mis la clé sous la porte. Les autres font le dos rond. Développement de la production de moules, ouverture de commerces de dégustation… Les ostréiculteurs rivalisent d’imagination pour élargir leurs sources de revenus. "Pour le moment on tient le coup mais c’est difficile, confie Gérald Viaud. Avec ou sans mortalité, l’entretien des parcs demande autant de main-d’oeuvre".

La disparition d’entreprises pourrait d’ailleurs avoir des conséquences désastreuses sur les bassins ostréicoles. Ils seraient rapidement envahis par la vase, les moules, et toutes sortes de prédateurs. Gérald Viaud va prochainement rencontrer Frédéric Cuvillier, ministre délégué en charge des transports, de la mer et de la pêche. "Je lui demanderai de poursuivre et d’étendre la politique d’aides et d’allégements de charge initiée il y a trois ans", rapporte le président du comité national conchylicole. Même si elles embauchent moins de bras pour le conditionnement et la commercialisation, les entreprises sont contraintes de rogner sur leurs marges.

"Les clients nous posent des questions"

Les ostréiculteurs doivent faire face à un problème plus inattendu : la suspicion du consommateur. "Les clients nous posent beaucoup de questions pour savoir si elles sont consommables", confie Emmanuelle Papin, ostréicultrice à La Tremblade, qui vend ses huîtres sur le marché Victor-Hugo à Angoulême. "Il faut sans cesse rappeler que cette maladie n’a aucune conséquence pour le consommateur", ajoute Franck Bertin, ostréiculteur à Arvert. En deux ans, la douzaine d’huître est passée en moyenne de 7 à 8 € sur les étales du marché Victor-Hugo. "Je pense que nous avons atteint un prix maximum car les ventes commencent déjà à se tasser", constate Franck Bertin. Pour Gérald Viaud en revanche il ne fait guère de doute que les prix vont continuer à grimper. "Ils étaient tombés très bas, rappelle l’ostréiculteur de Chaillevette. Dans les années 1960 on achetait une voiture avec une tonne d’huître. Aujourd’hui, on n’achète qu’une Mobylette !".

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