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La mer, avenir de l’homme

Dernière mise à jour le lundi 5 août 2013

Article paru
sur le site "La Vie" - 01 Août 2013
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uelles types d’opportunités la mer peut apporter à la France ?

Des opportunités économiques, énergétiques, alimentaires, mais aussi au niveau de la santé, de la cosmétologie, du transport... En effet nous avons en France une chance extraordinaire que l’on ne mesure pas. Depuis 1982 et les accords de Montego Bay existent les Zones économiques exclusives (ZEE), c’est-à-dire une bande de 200 milles marins (soit 372 km) le long des littoraux de tout pays bordier de l’océan. La France possède, du fait de ses Dom-Com, 11 millions de kilomètres carrés de ZEE, ce qui fait de notre pays la deuxième puissance maritime au monde, tout juste derrière les Etats-Unis. Rien que dans le Pacifique nous possédons 9 millions de kilomètres carrés grâce aux 118 îles de la Polynésie et à la Nouvelle Calédonie.

Quelles actions concrètes préconisez-vous pour utiliser au mieux cette « puissance maritime » ?

Elles sont très nombreuses. Rien que du point de vue énergétique, on peut compter les éoliennes off-shore flottantes, mais aussi les hydroliennes, qui sont sous l’eau et qui ne gênent pas la navigation. Les industries française sont en pointe sur le sujet. Mais il existe également l’énergie houlomotrice, créée grâce à la houle et l’énergie thermique de la mer.

En termes d’impact, les résultats peuvent être très importants. Par exemple, les éoliennes plantées au large de la Tamise et égrainées sur 232 km2 produisent le quart de la consommation électrique de Londres. Et ce n’est que le début : l’Angleterre prévoit d’installer 18 000 MegaWatts d’éoliennes offshore d’ici 2020, ce qui devrait représenter 26 réacteurs de type EPR ! La France devrait implanter 15 000 MégaWatts d’éoliennes offshore d’ici 2030, créant 30 000 emplois. Un autre exemple : les scientifiques savent que mettre en place 100 hydroliennes de part et d’autre du Raz Blanchard (un passage au large de Cherbourg qui connaît les courants les plus forts d’Europe) produirait de l’énergie équivalente à deux EPR. Ce n’est pas un gadget, c’est une vraie révolution !

Vous avez été secrétaire général du comité de suivi du Grenelle de la mer (2009). Quelles conclusions tirez-vous de cette initiative ?

C’était la première fois que l’Etat s’intéressait à la mer dans toutes ses composantes. Il y a eu quatre groupes de travail, 400 chercheurs, et on a abouti à 327 propositions. Qu’on les mette en oeuvre ! Tous les chercheurs qui travaillaient sur ce sujet sont arrivés à la conclusion que la quasi totalité des solutions pour un avenir durable et même désirable émaneront du milieu marin. Grâce au Grenelle, on a mis en place le premier plan consacré aux énergies marines renouvelables, on a créé des zones marines protégées, etc. Mais depuis, l’élan est retombé. Le problème c’est qu’il y a peu d’électeurs en mer, à moins de donner le droit de vote aux poissons...

Pourquoi n’y a-t-il pas de véritable politique maritime ?

La France n’est pas culturellement et historiquement un pays tourné vers la mer. Les classes de mer ont tendance à disparaître et au sein de l’Education nationale on ne rencontre la mer que via Victor Hugo et son Oceano Nox. On ne parle de la mer en France qu’à travers les marées noires, la piraterie ou le tourisme. La mer est davantage conçue comme une barrière que comme un moyen d’échange, une voie de communication.

Vous proposez que la France devienne une thalassocratie, à l’image de la Grèce antique ?

Tous les grands pays ont une politique maritime que ce soit les Etats-Unis ou la Chine. Plus de 16% du PIB de la Chine est dû à ses activités maritimes, alors qu’en France, ce n’est que 2,4%. Si on lançait une politique de la mer, cela pourrait créer 180 000 emplois dans les 5 ans.

Jean-Luc Mélenchon explique depuis plusieurs mois que l’avenir de la France se trouve en mer. Il compare même la « conquête des océans » à la « conquête spatiale ». Pensez-vous que l’on peut comparer les deux ?

Il a dû lire les conclusions du Grenelle de la Mer ! En tout cas, nous sommes plusieurs à être parvenus à cette conclusion. Aujourd’hui, on connaît mieux la surface de Mars que le fond des océans. On n’a exploré que 5% des fonds marins. Je pense que nous sommes rentrés dans un 5e temps de l’Histoire, ce qui signifie que je ne pense pas que l’on soit en crise, mais dans une extraordinaire période de mutation. Mais attention : il ne faut pas procéder à une exploitation sauvage des richesses des océans, ce qui nécessite à mon avis de créer un nouveau droit de la mer.

Selon vous, l’humanité n’a pas d’avenir sans la mer ?

Du fait de la croissance démographique – qui fait que nous sommes 7 milliards depuis octobre 2013 et que nous serons probablement 9 milliards en 2050, il y a une croissance de la demande en protéines animales. Mais on ne pourra pas faire augmenter davantage l’élevage bovin puisqu’il est responsable à lui tout seul de plus de rejet de gaz à effet de serre que l’ensemble du transport mondial, sur la base d’un milliard et demi de vaches. L’avenir est donc dans l’alimentaire en provenance de la mer, en particulier dans la pisciculture et l’aquaculture, et ce même si pour l’instant il existe un goulot d’étranglement dû au fait que les poissons carnivores ne se nourrissent que de farines de poissons. L’avenir passe peut-être par la culture de poissons herbivores. En 2025, 75% de la population mondiale sera concentrée dans une bande de terre à 75 kilomètres de la mer.

Hormis au niveau de l’énergie, de l’économie et de l’alimentaire, vous affirmez que la mer peut être une véritable opportunité pour la santé. Qu’est-ce à dire ?

Il y a quinze ans on pensait que l’on connaissait 15 à 20% de la faune et de la flore sous-marine. Aujourd’hui, les biologistes s’accordent à penser que l’on n’en connaîtrait pas 1%. La mer contient 80% de la biodiversité existante, car les mers sont beaucoup plus anciennes que les terres. Cette biodiversité est donc un trésor pour la santé : en 2014 vont sortir sur le marché six médicaments anticancéreux dont les molécules émanent du milieu marin. Le premier traitement de lutte contre le Sida, l’AZT, émane du hareng. Une chercheuse française a découvert un nouveau type de ver marin, un animal dont l’hémoglobine est la plus proche de l’hémoglobine humaine, ce qui pourrait régler la pénurie sanguine au niveau mondial. Les scientifiques travaillent aujourd’hui sur 66 molécules d’origine marine dans la lutte contre le cancer... En polluant la mer, on scie la branche sur laquelle nous allons avoir de plus en plus besoin de nous asseoir.

Au niveau de la marine proprement dite, que faut-il améliorer en priorité ?_ Lire l’article complet ...


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