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La pollution menace la pêche antillaise

Dernière mise à jour le mardi 29 janvier 2013

Article paru
sur le site "Ouest-france entreprises" - 25 Janvier 2013
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« À cause de la contamination des langoustes par la chlordécone, une partie des pêcheurs est privée de 70 % de ses revenus », tempête le Guadeloupéen Jean-Claude Yoyotte, vice-président du Comité national des pêches. La chlordécone est une molécule chimique utilisée pour lutter contre le charançon du bananier. Son introduction date de 1972 et son interdiction définitive, mais tardive, de 1993. En décembre, les ports des îles ont déjà été bloqués en signe de protestation. Depuis, la situation s’envenime. « Une explosion sociale violente est à craindre », estime Jean-Claude Yoyotte.

Aide d’urgence

Martiniquais et Guadeloupéens viennent d’être reçus par Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer et Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche. Ceux-ci ont promis de « débloquer une aide d’urgence de 2 millions d’euros, compatible avec les règlements européens. » Ils s’engagent aussi à examiner la situation des cotisations et dettes sociales. Cautères sur jambe de bois, analysent les professionnels de la mer. « Cela représente 10 000 € par marin. Plutôt léger quand on sait que cette pollution va durer des siècles et qu’elle risque de s’étendre. »

Les possibilités de reconversion des pêcheurs îliens « sont limitées » : « Les zones de pêches ne sont pas extensibles et celles qui ne sont pas contaminées sont déjà exploitées. Impossible de reporter l’effort de pêche sur elles. » Conflits d’usage et forte pression sur la ressource halieutique interdisent cette option. « Nous souhaitons qu’un travail soit fait en profondeur pour imaginer plusieurs options, comme le développement de l’aquaculture. » Aujourd’hui en Martinique, 40 % des zones de pêches à la langouste sont gelées. En Guadeloupe, la contamination des sols concerne environ 6 500 ha et 14 500 ha en Martinique.

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