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Le gamin qui voulait nettoyer les océans

Dernière mise à jour le vendredi 4 juillet 2014

Article paru
sur le site "Le Point" - 29 Juin 2014
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Plus de trois millions. C’est, en kilomètres carrés, la quantité alarmante de déchets qui flottent dans le Pacifique nord, au large des côtes américaines. Les scientifiques parlent d’un "septième continent", où le plastique est six fois plus important que le plancton. Et le pire, c’est qu’il existe quatre autres zones de ce type. On les appelle les "gyres océaniques", sortes de tourbillons géants favorisant l’amoncellement des détritus.

Si plusieurs expéditions ont été menées pour observer et quantifier le phénomène depuis sa découverte par l’océanographe Charles Moore en 1997, aucun remède efficace n’a jusqu’alors été trouvé. Aucun ? Peut-être pas exactement... Aujourd’hui, une centaine d’experts s’activent autour d’un projet à l’ambition révolutionnaire. Celui de Boyan Slat, un génie néerlandais d’à peine dix-neuf ans. Il y a trois ans, il a abandonné ses études en aérospatiale pour se consacrer exclusivement à sa fondation, The Ocean Cleanup. Objectif : vider la "grande poubelle du Pacifique" de la moitié de ses déchets (soit 70 000 tonnes) en dix ans.
Une extraction plus rapide et moins chère

Le déclic, Boyan l’a eu à l’âge de seize ans. "J’étais en vacances en Grèce pour faire de la plongée, raconte-t-il. Dans l’eau, j’ai été désespéré de rencontrer plus de déchets plastiques que de poissons." Obsédé par sa triste découverte, il revient chez lui avec l’idée de "sauver les océans". Rien de moins. Au lycée, un projet étudiant lui permet d’exposer une première fois son idée, inédite. "Les méthodes traditionnelles utilisent des filets, qui causent du tort à la vie sous-marine. Mon idée, c’est d’exploiter les courants pour attraper et concentrer les déchets au sein d’une plateforme alimentée à l’énergie solaire. J’aime d’ailleurs le terme révolution, car il a un double sens ici : en plus de n’avoir jamais été expérimenté, le système utilise les courants et leur force rotative."

Le dispositif, composé de tuyaux et de bouées reliés à des panneaux profonds de 3 mètres, permettrait une extraction 7 900 fois plus rapide et 33 fois moins chère que les méthodes conventionnelles. C’est du moins ce qu’avancent Boyan et son équipe, composée d’une centaine d’experts, de scientifiques et de chercheurs. Seul au départ, le jeune homme se consacre exclusivement à son projet et à sa fondation depuis 2012.

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