3 décembre : Editorial Décembre 20083 décembre : Une lente invasion qui inquiète2 décembre : Ifremer. Les micro-algues toxiques surveillées1er décembre : L’ostréiculture bretonne en a vu d’autres28 novembre : L’algue rouge tueuse a trouvé son maître 25 novembre : L’UE au chevet du thon rouge18 novembre : La coquille de Saint-Brieuc ménage son avenir18 novembre : Saint-Nazaire. Des anguilles équipées de balises Argos4 novembre : Bateaux à la casse4 novembre : À Camaret (29), une ferme de corail sous la criée 4 novembre : Rade de Brest. Ouverture de la coquille Saint-Jacques31 octobre : Brignogan-Plage (29). Des physalies urticantes à la côte26 octobre : News de la pêche Normande
Accueil du site > Actualités de la mer > Le maërl en question ?

Le maërl en question ?

Dernière mise à jour le jeudi 25 septembre 2008

"Le Télégramme" - 25 septembre 2008


Paimpol. L’extraction du maërl prolongée de cinq ans

Bonne nouvelle pour les uns, mauvaise pour les autres. Un décret ministériel vient de prolonger pour cinq ans l’extraction du maërl en baie de Paimpol. Quantité autorisée : 168.000 tonnes par an.

Le maërl, ce petit corail fossilisé, fait de nouveau parler de lui. Un décret paru la semaine dernière au Journal Officiel accorde à deux sociétés du Goëlo le prolongement d’une concession minière de maërl en baie de Paimpol, pour une durée de cinq ans.

168.000 tonnes pendant cinq ans
La Copermer, basée à Paimpol, est l’une de ces deux sociétés, l’autre est la Compagnie armoricaine de navigation, la CAN (qui appartient au groupe Roullier). La Copermer est un petit poucet, la CAN, un géant. Le feu vert de l’État autorise les deux compagnies à extraire 168.000 tonnes de maërl (*) par an, pendant cinq ans, sur la zone de Lost Pic. « Sur cette quantité, je n’ai le droit de prendre que 1.500 tonnes par an, parce que je suis un artisan extracteur, précise Jean-Luc Corbel, le patron de Copermer. Je n’ai qu’un petit bateau et je travaille à la benne ». Le reste, c’est pour la CAN et ses deux bateaux « suceurs » qui peuvent avaler 1.000 tonnes de maërl chacun, par marée.

Une zone de 2,37 km²
Ce tonnage fait peur aux écologistes qui ne décolèrent pas. « Nous sommes très surpris des énormes quantités autorisées, confie Jean-Claude Camille, porte-parole du Goëlo. L’État profite du fait que cette zone d’extraction soit peu connue pour autoriser un maximum de tonnage ». Sur ce point, la CAN n’est pas d’accord. « La concession est prolongée mais les quotas ont baissé et la zone a été réduite de 4,75 à 2,37 km² ». Reste que Lost Pic est l’exploitation de maërl la plus importante en Bretagne.

Un habitat privilégié
De leur côté les élus ne peuvent que constater une situation qui semble leur échapper. « De toute façon, nous n’avons qu’un rôle consultatif, confie Jacques Mangold, maire de Plouézec. Les décisions sont prises par l’État. Personnellement, je trouverais normal qu’on stoppe l’extraction de maërl, c’est un élément vital pour l’écosystème ». Une position que défendent bien entendu les écologistes. « Au niveau environnemental, c’est tout à fait dommageable. Le maërl est très peu renouvelable. Il pousse à la vitesse de 0,3 mm par an. Qui plus est, c’est un habitat privilégié pour les jeunes poissons, crustacés et bars qui s’y nourrissent. Cette décision va complètement à l’opposé du développement durable ». Jean-Luc Corbel, lui, doit assurer les frais inhérents à son activité d’extracteur : multiples taxes, hausse du carburant et frais de dossiers (70.000 € pour faire une demande de concession). Pour autant, il ne se fait pas d’illusions et sait que la ressource est en péril. « On descend de plus en plus profond pour atteindre le maërl. Ce sont sans doute les dernières années de cette activité ». En attendant, une fois les autorisations de travaux délivrées, l’extraction pourra commencer. *Le maërl est vendu 26 € la tonne.
Samuel Flageul

Le maërl en Bretagne

Il reste trois zones d’extraction du maërl en Bretagne. À Lost Pic, ce sont 168.000 tonnes qui sont extraites chaque année. Au large de l’îlot Saint-Michel, à Erquy, 76.000 tonnes peuvent être prélevées. Le gisement des Glénan, au large du Sud-Finistère, lui, sera définitivement fermé en 2010. D’ici là, 20.000 tonnes peuvent encore être extraites des fonds marins de l’archipel.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP