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Le niveau des océans ne cesse d’augmenter

Dernière mise à jour le jeudi 24 avril 2014

Article paru
sur le site "Le Figaro-environnement" - 22 avril 2014
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En une vingtaine d’années, le niveau de la mer s’est élevé de 3,2 mm/an. Une moyenne qui cache pourtant une curieuse disparité. Entre 1990 et 2000, les valeurs étaient de 3,5 mm/an. À partir du début des années 2000, elles sont tombées à 2,5 mm/an. Un ralentissement que certains ont rapidement mis en relation avec la pause enregistrée dans la hausse de la température terrestre, concluant à un ralentissement du réchauffement climatique global. La publication récente dans Nature Climate Change d’une étude consacrée à la hausse du niveau des océans montre qu’il en va différemment.

De fait explique Anny Cazenave, chercheuse au Legos (Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales), membre de l’Académie des sciences et principale auteur de l’étude, les différences entre les deux périodes correspondent avant tout à l’impact d’événements climatiques que sont El Niño et La Niña. « Dans le cas d’El Niño, on constate que les pluies se concentrent sur l’océan Pacifique tropical, mais se font plus rares sur les continents de ces mêmes régions. Cela provoque du coup une hausse temporaire du niveau des océans. A contrario, La Niña entraîne plus de précipitations sur terre qu’en mer », explique-t-elle. Or la décennie 90 a connu plusieurs épisodes El Niño, « dont un particulièrement important au cours de l’année 1997-1998 », précise la publication. Le début du XXIe siècle en revanche a été marqué par un nombre important d’occurrences de La Niña. Une fois donc corrigée de ces variations climatiques « on retrouve bien une moyenne de 3 mm/an » précise encore la scientifique.
L’impact de la fonte des glaces polaires

L’OMM (Organisation météorologique mondiale) vient d’annoncer qu’il y avait cette année un grand nombre de signes avant-coureurs d’un nouveau phénomène El Niño. Il pourrait se manifester d’ici à l’été dans le Pacifique. Si tel est le cas, les observations des chercheurs devraient pouvoir se vérifier rapidement avec, en toute logique, une hausse du niveau de la mer proche de celle constatée dans les années 1990.

En certains endroits du globe, les scientifiques constatent également que le sol s’affaisse. « Les villes de Jakarta, Bangkok ou Tokyo, se sont ainsi enfoncées de trois mètres au fil du temps », précise encore Anny Cazenave. Mais ce phénomène a également été observé en d’autres endroits de la planète et notamment sur nombre d’atolls du Pacifique. Les mouvements des plaques terrestres peuvent en être une des causes mais c’est aussi le résultat du pompage dans les nappes phréatiques sur lesquelles les villes sont le plus souvent construites, ou encore de l’exploitation des ressources pétrolières

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