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Les algues brunes influencent le climat côtier

Dernière mise à jour le jeudi 15 mai 2008

Ouest-France - 15 mai 2008
Les algues brunes influencent le climat côtier
Béatrice Le Grand


Les algues brunes influencent le climat côtier

L’iodure que contiennent ces laminaires participeraient à la formation de nuages. Une étude internationale, à laquelle a pris part un chercheur de Roscoff, vient de le révéler.

L’iodure contenu dans les grandes algues brunes participerait à la formation des nuages et influencerait le climat côtier. C’est ce que vient de mettre en évidence une étude internationale (1) à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire végétaux marins et biomolécules (CNRS de l’université Paris 6) de la station biologique de Roscoff (Finistère). Ces sept ans de travaux ont permis de révéler la forme chimique de l’iodure utilisé par les grandes algues brunes laminaires pour stocker l’iode.

Quand les laminaires sont stressées, c’est-à-dire qu’elles génèrent des radicaux-libres à partir de l’oxygène, elles relâchent rapidement de grandes quantités d’iode dans l’atmosphère. « C’est ce qui arrive par exemple en cas d’émersion, lors des grandes marées basses lorsqu’elles sont exposées à la déshydratation, à un fort ensoleillement et à l’ozone atmosphérique », note Philippe Potin.

Le ciel gris de nos côtes

Une fois libéré, l’iodure agit comme un agent antioxydant protégeant l’algue de dommages cellulaires. Cet élément, oxydé sous forme d’iode moléculaire gazeux, « va se diffuser et se retrouver dans l’atmosphère. Ces particules fines vont participer à la création de nuages peu denses qui ne provoqueront pas de précipitations tout de suite. »

Mais, dans un premier temps, l’ensoleillement s’en retrouvera limité, notamment dans les zones riches en laminaires. Le ciel gris de nos côtes serait donc en partie due à cela. « Il va falloir maintenant comparer différents sites. Une équipe de chimistes anglais, qui est déjà venue à Roscoff l’an dernier, travaille là-dessus afin de calculer à grande échelle l’importance du phénomène. »

Philippe Potin tempère tout de même : « Si l’algue brune a une influence indéniable sur le climat, elle n’est pas la seule cause. Il y a aussi les dégagements de gaz soufré qui entrent en ligne de compte. »

Autre conséquence de ce rôle biologique de l’iode : la destruction de l’ozone contenu dans l’air que l’on respire. « C’est ainsi que l’on trouve trois à quatre fois moins d’ozone dans les secteurs côtiers que dans une ville polluée », assure ainsi Philippe Potin. De quoi, là aussi, offrir de nouvelles pistes de travail.

Patrick CROGUENNEC.

(1) L’étude rassemble des contributions du CNRS, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Suisse, des USA et de l’European molecular biology laboratory.



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