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Les algues vertes s’étendent sur les côtes françaises

Dernière mise à jour le dimanche 19 janvier 2014

Article paru
sur le site "Le Monde" - 17 Janvier 2014
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Les marées vertes et autres proliférations d’algues gagnent inexorablement du terrain sur les façades maritimes depuis une quinzaine d’années. C’est ce que constate le Commissariat général au développement durable (CGDD), avec le service de l’observation et des statistiques du ministère de l’écologie, dans son bulletin de janvier.

Les nouvelles de Bretagne ne sont pas bonnes : les ulves responsables des tristement célèbres marées vertes y poursuivent leur avancée. Mais elles sont inquiétantes aussi du côté de la Méditerranée et dans le Pas-de-Calais, où se multiplient les alertes aux « blooms » de microalgues capables de libérer des toxines dangereuses pour la faune et pour la santé humaine.

Les conditions météorologiques ne leur ayant pas été favorables plusieurs printemps de suite sur les côtes armoricaines, les marées vertes nauséabondes y ont été moins spectaculaires depuis 2010. C’est là une maigre consolation, car non seulement ce phénomène touche de plus en plus de sites dans la région - 51 plages et 23 fonds d’estuaires en 2012 -, mais il s’étend à présent sur les littoraux bas-normands du Calvados et de la Manche, ainsi qu’en Loire-Atlantique, Vendée et Charente-Maritime. Les concentrations d’ulves ont fait leur apparition jusque sur les îles de Ré et d’Oléron. C’est cette dériéroration persistante qui vaut à la France les remontrances de l’Union européenne.
Selon les années, les tapis d’algues vertes couvrent de 1 500 à plus de 4 000 hectares sur la façade ouest. Chaque été, les collectivités locales en ramassent de 50 000 à 100 000 m3, ce qui leur a coûté environ 1,7 million d’euros en 2012.

Selon les graphiques du CGDD, les évolutions des surfaces d’algues échouées sur les plages en fin de saison suivent très précisément celles des flux d’azote et de phosphore. Plus ces substances arrivent jusqu’à la mer, que ce soit par les rivières, par ruissellement ou par retombées atmosphériques, plus les ulves prospèrent.

Le phénomène est bien connu : qu’il soit d’origine organique (suite à l’épandage de lisier ou de fumier) ou synthétique (les engrais minéraux), le rejet d’azote – qui se transforme en ammoniac et en nitrates en se dissolvant dans l’eau - est directement lié aux usages agricoles. Il l’est à 54 % dans les bassins versants de la région Seine-Normandie, à 90 %, dans ceux de Loire-Bretagne, selon les agences de l’eau. Au total, en France, l’excès d’azote déversé par rapport à ce que les cultures peuvent absorber est estimé à 900 000 tonnes par an.

C’est encore le trop plein de nutriments qui provoque des proliférations d’algues microscopiques en Méditerranée, où azote et phosphore sont charriés par le Rhône, mais aussi dans l’estuaire de la Seine, la baie de Somme ou le littoral du Pas-de-Calais… Cette fois, l’origine du problème est davantage domestique : il résulte de lacunes des dispositifs d’assainissement des eaux usées et de la surpopulation des zones côtières.

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