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Les bénitiers, une ressource non négligeable

Dernière mise à jour le vendredi 8 mars 2013

Article paru
sur le site "Les Nouvelles PF" - 06 Mars 2013
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Vendredi dernier, l’Université de la Polynésie française (UPF) a reçu plusieurs chercheurs et experts venus présenter leurs travaux portant sur le bénitier, mollusque bivalve, bien connu sous nos latitudes. Ainsi les différentes interventions ont toutes tendu à montrer que la connaissance et la gestion du pahua étaient un véritable enjeu de développement économique des archipels.

En effet, la ressource, historiquement utilisée comme aliment dans la culture polynésienne, l’est encore de nos jours puisque le marché local de la chair de bénitier exportée depuis les Tuamotu de l’Est et les Australes serait aujourd’hui de 70 tonnes par an, soit un chiffre d’affaires de l’ordre de 30 à 35 millions de Fcfp. Un revenu non négligeable pour les populations de ces îles.

L’espèce plus particulièrement étudiée est le Tridacna maxima considérée comme l’une des 9 espèces la moins menacée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (en anglais Convention On International Trade of Endangered Species, CITES). Cependant si l’on veut assurer des revenus durables aux populations des archipels, il faut au préalable s’assurer d’une gestion durable des stocks naturels voire s’assurer d’une origine durable notamment par l’aquaculture des individus.

Les stocks de bénitiers des îles de la Société sont devenus faibles, si ce n’est décimé. Or, aux Tuamotu de l’Est, voire dans certaines îles des Australes, le bénitier atteint des concentrations remarquables et même uniques par rapport au reste du monde corallien. Ainsi à Tatakoto et Fangatau, les densités maximales recensées atteignent respectivement 544 et

136 individus/m2, des valeurs uniques au monde. Cependant les informations émanant des maires ou des populations montrent que ces stocks risquent de diminuer si une méthode d’exploitation durable n’est pas proposée à temps. L’objectif de ces recherches est donc de proposer un développement économique durable en tenant compte des souhaits des populations.

C’est pourquoi le service de la Pêche a initié et conduit des travaux selon deux axes principaux : l’étude des stocks naturels avec un objectif de gestion durable de l’exploitation de ces bénitiers dans les lagons abondants et la faisabilité technique et économique d’une aquaculture de bénitiers adaptée aux îles retenues et fondée sur des techniques de collectage, d’élevage et de repeuplement des lagons. Ces travaux ont été menés en partenariat avec l’Institut de recherches pour le développement (IRD) et l’UPF. Ces études initiées depuis 2001 ont donc fait vendredi dernier l’objet d’une série de conférences qui ont permis à la soixantaine de participants présents d’assister à des débats riches en propositions et pistes d’études.

Les différentes études et recherche ont montré que le bénitier pouvait à terme devenir une ressource économique importante voire qu’il serait envisageable de développer un marché à l’exportation, qu’il s’agisse de commercialisation de chair de bénitiers ou d’individus vivants pour l’aquariophilie.

Dans un premier temps, les études ont donc porté sur le recensement et le suivi des stocks naturels, recensement qui en informatique par exemple a permis de réaliser des modèles mathématiques de comptage à partir de photographies prises par des plongeurs mais aussi de réaliser une évaluation régulière de ces mêmes stocks. Ces premières études ont mis en évidence l’extrême fragilité de la ressource soumise aux conditions climatiques (le réchauffement climatique pouvant entraîner une mauvaise circulation des eaux lagonaires), au braconnage, à la surpêche, etc. D’où l’intérêt de mettre en place des quotas de pêche ou encore de fixer une taille minimum (12 centimètres). Dans ce cadre, la mise en place des PGEM (plan de gestion de l’espace maritime), notamment celui de l’île de Moorea a montré que les aires marines protégées (AMP) amènent une meilleure préservation de la ressource et donc de plus grande possibilité d’exploitation.

L’autre axe de recherche s’est davantage intéressé à une aquaculture fondée sur le collectage (technique maîtrisée déjà en perliculture) de naissains de bivalves qui sont ensuite “fixés” sur des supports adaptés. Les premiers résultats encourageants montrent que 70% des bénitiers installés 54 mois après le repeuplement, sont vivants. Une filière aquacole à ne pas négliger.
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