Dernière mise à jour le mercredi 18 janvier 2012
Article paru sur le site "La Voix du Nord" - Lundi 16 Janvier 2012
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Ils sont situés à cinq kilomètres de profondeur, dans la fosse océanique des Caïmans, et leur température pourrait dépasser 450 °C : les geysers sous-marins les plus profonds du monde grouillent pourtant de milliers de crevettes d’une espèce jusqu’alors inconnue.
Ces geysers, qui crachent une eau brûlante incroyablement riche en minéraux et sont situés 800 mètres plus profond que tous ceux qui avaient été découverts jusqu’à présent, ont été repérés par une expédition menée par des scientifiques de Southampton (sud de l’Angleterre) en avril 2010 dans la fosse des Caïmans, entre les îles du même nom et la Jamaïque.
Dépourvues d’yeux
Les experts y ont trouvé des hordes de crevettes pâles agglutinées autour des cheminées de six mètres qui forment le cratère de ces geysers.
Ces crevettes sont dépourvues d’yeux au sens classique du terme, mais ne sont pas pour autant aveugles : elles sont dotées sur le dos d’un organe sensible à la lumière qui pourrait leur permettre de s’orienter à la faveur de la légère luminescence des geysers.
À d’autres endroits, le long de fissures laissant s’échapper de l’eau chaude, les chercheurs ont trouvé des centaines d’anémones de mer aux tentacules blancs. « L’étude des créatures de ces geysers et leur comparaison avec des espèces provenant d’autres geysers autour du monde nous aideront à comprendre comment les animaux se dispersent et évoluent dans les profondeurs marines », indique le Dr Jon Copley, de l’université de Southampton.
« Les geysers chauds et acides n’ont jamais été vus dans des zones comme celle-là et, d’ordinaire, on ne pense même pas à les y chercher », explique le Dr Doug Connelly, du Centre national d’océanographie de Southampton.
« L’un des principaux mystères des geysers sous-marins est de savoir comment les animaux qui les peuplent sont capables de passer de l’un à l’autre en franchissant les longues distances qui les séparent, souligne le Dr Copley. Mais peut-être qu’il y a là-dessous plus de geysers que nous ne le pensons. »