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Les impacts de la pêche en haute mer plus graves qu’escomptés, préviennent les experts

Dernière mise à jour le mercredi 30 janvier 2013

Article paru
sur le site "Nouvel observateur" - xx Janvier 2013
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La pêche commerciale pourrait avoir des conséquences plus graves que prévues et affecter les poissons que nous pensions être épargnés par le chalutage », commente le responsable de l’étude Dr David Bailey de l’université de Glasgow, au Royaume-Uni. « Nous avons été très surpris des résultats de l’étude, qui révèle que la pêche commerciale a d’importantes implications sur notre gestion des océans. »

Les travaux de recherche, publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, ont été soutenus par l’UE dans le cadre du projet HERMES (« Hotspot ecosystem research on the margins of European seas »), qui est financé au titre du domaine thématique « Développement durable, changement planétaire et écosystèmes » du sixième programme-cadre (6e PC). Un soutien financier supplémentaire a été accordé par le projet LOTUS (« Long time-series undersea surveillance »), une initiative Marie Curie financée au titre du 6e PC, ainsi que par une subvention s’inscrivant dans la ligne budgétaire de MAST II (« Marine science and technology ») du quatrième programme-cadre (4e PC).

Le matériel de chalutage consiste en un énorme filet lesté qui peut descendre à une profondeur de 1600 mètres. Les poissons vivant dans les grands fonds marins vivent plus longtemps et ont un développement plus tardif ; et depuis longtemps, les scientifiques savent que ces espèces sont particulièrement vulnérables à la surpêche. Toutefois, jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que les espèces de poissons vivant au-delà des profondeurs de chalutage seraient épargnées.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé des données sur des populations de poissons s’étalant sur un quart de siècle. Le site, au large des côtes ouest de l’Irlande, dans le Nord-Est de l’Atlantique, a été étudié pour la première fois entre 1977 et 1989, dans le cadre d’une étude sur les espèces aquatiques de la zone et leur biologie. La même zone a été étudiée de 1977 à 2002, en utilisant les mêmes bateaux et méthodes d’analyse afin de s’assurer que les données recueillies pourraient être comparées avec précision avec celles obtenues au cours de la première étape.

Parallèlement, une entreprise de pêche en haute mer commerciale (qui pêche principalement le grenadier de roche, le sabre noir, l’empereur - ou Hoplostethus atlanticus - et certaines espèces de requins de haute mer) avait démarré ses activités dans la région vers la fin des années 1980. Les scientifiques ont comparé les données des deux périodes d’études afin d’observer l’impact de la pêcherie sur les populations locales de poisson.

À leur grande surprise, ils ont constaté que les espèces de poissons de haute mer vivant au-delà de 2500 mètres de profondeur (un kilomètre en dessous de la zone de pêche), étaient beaucoup moins nombreuses lors de la seconde période. Les espèces qui se trouvaient à des profondeurs comprises dans la zone de chalutage étaient particulièrement touchées. L’étude a également révélé que tous les poissons, y compris ceux qui ne présentent aucun intérêt commercial, étaient touchés par le chalutage.

« La pêche en haute mer ne s’intéresse pas à une grande variété d’espèces, et en général, les espèces n’ayant aucun intérêt commercial sont rejetées. Ces dernières représentent souvent près de 50% des prises, et en raison du changement important de pression et de température lorsque ces espèces sont ramenées à la surface, aucun poisson ne survit », explique le professeur Monty Priede de l’université d’Aberdeen, au Royaume-Uni. « Ce qui explique la diminution sensible de l’abondance des espèces ciblées et non ciblées remarquée par l’étude. »

Les scientifiques se demandent dès lors pourquoi les impacts de la pêche sont si importants. Cela peut s’expliquer par le cycle de vie des poissons ; en effet, de nombreuses espèces vivent près de la surface (et donc à portée des filets des chalutiers) lorsqu’ils sont jeunes, et ne descendent dans les abysses qu’à un âge plus avancé. De même, certaines espèces remontent à des profondeurs moyennes dans le cadre de leurs activités normales, ce qui les met temporairement à portée des chalutiers.
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