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Les oméga 3 ont encore le vent en poupe en cardiologie

Dernière mise à jour le mercredi 3 septembre 2008



Les oméga 3 ont encore le vent en poupe en cardiologie

Ces acides gras contenus dans le poisson auraient un effet bénéfique contre l’insuffisance cardiaque chronique.

Pendant longtemps, l’idée que les huiles de poisson pouvaient avoir un réel effet thérapeutique, notamment en cardiologie, a fait doucement sourire les initiés. Puis, au cours des cinq dernières an­nées, des preuves de plus en plus précises et convergentes de l’intérêt des oméga 3 se sont multipliées dans les revues scientifiques internationales. Cette semaine, la revue britannique The Lancet publie les résultats d’une enquête italienne montrant que ces acides gras ap­portent une légère amélioration aux personnes souffrant d’une in­suffisance cardiaque chronique alors que les statines, utilisées contre le cholestérol, ne leur offrent aucun effet bénéfique.

L’insuffisance cardiaque chronique est une affection relativement fréquente qui fait généralement suite à un infarctus. Le pronostic d’une attaque cardiaque s’est nettement amélioré au cours de la dernière décennie, avec une baisse de la mortalité. Le corollaire est l’augmentation de l’insuffisance cardiaque, liée à l’altération d’une partie du myocarde, lequel a perdu une part variable de sa contractilité. Les médecins italiens du centre de recherche de Florence, déjà très impliqués dans l’étude des oméga 3, ont décidé de tester ces molécules sur plus de 6 000 personnes souffrant d’insuffisance cardiaque chronique. Ces mêmes experts ont évalué simultanément l’effet des statines (médicaments anticholestérol) chez d’autres patients atteints eux aussi d’insuffisance cardiaque. Dans ces deux enquêtes disjointes, ils ont à chaque fois comparé l’effet de la molécule active, administrée sous forme de comprimé, à un placebo, la moitié des patients prenant l’une ou l’autre.

Moindre risque de dégénérescence maculaire

Les résultats publiés sur le site Internet du Lancet montrent que le taux de décès et d’hospitalisation est inférieur pour les malades ayant reçu pendant près de 4 ans des oméga 3 comparé au groupe placebo. Certes, la différence est relativement faible (2 % de décès et d’hospitalisation en moins avec les oméga 3), mais statistiquement significative. Par ailleurs, le traitement a été très bien toléré, sans effet secondaire ni complication. En revanche, les statines n’ont eu absolument aucun effet sur l’insuffisance cardiaque chronique : les taux de décès et d’hospitalisation étaient identiques, que ce soit avec ou sans médicament. « Même si des questions persistent quant au mécanisme d’action, et à la dose optimale, la supplémentation en oméga 3 pourrait rejoindre la petite liste des médicaments qui ont fait la preuve de leur efficacité dans l’insuffisance cardiaque chronique », explique le docteur Gregg Fonarow, du centre de cardiomyopathie de Los Angeles (États-Unis).

Les oméga 3 qui sont des chaînes d’acides gras insaturés sont présents en grande quantité surtout chez les poissons gras (hareng, maquereau, saumon…). Mais on les trouve aussi sous forme de différents conditionnements en pharmacie. Des études antérieures menées par cette même équipe italienne ont montré que ces acides gras réduisent le risque de récidive, après un infarctus. Plus récemment une enquête a évoqué un moindre risque de dégénérescence maculaire lié à l’âge avec une alimentation riche en poisson. Enfin, en mai dernier, des chercheurs de l’Inserm émettaient l’hypothèse selon laquelle les oméga 3 pouvaient prévenir la dépression chez les personnes âgées.



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