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Les parcs à huîtres normands ravagés par la tempête

Dernière mise à jour le jeudi 13 mars 2008


Les parcs à huîtres ravagés par la tempête

Les dégâts s’étendent sur 30 km de côtes, de Bricqueville à Denneville. Hier, à Saint-Germain-sur-Ay, les conchyliculteurs essayaient de sauver la marchandise.

Poches d’huîtres ensablées, piquets arrachés et tables retournées. Les dégâts causés par la tempête sont considérables. « C’est pire qu’en 1999 », constate Daniel Ozenne, ostréiculteur à Saint-Germain-sur-Ay (Manche). Lui et ses collègues s’activent depuis mardi pour sauver le maximum d’huîtres.

« Toute la côte ouest de la Manche est touchée, de Bricqueville à Denneville », indique Joseph Costard, président de la section régionale de la conchyliculture Normandie. Sur 30 km de littoral, même spectacle de désolation. « Quand on a découvert les 5 000 poches échouées sur la plage, on a compris qu’il y avait des dégâts », poursuit Daniel Ozenne. Tout s’est joué lundi soir, à 21 h 30. Après avoir grappillé du terrain sur les dunes, la mer a complètement retourné les tables.

Plus de 30 tonnes perdues

« On en a pour un mois à tout remettre en état. Et encore, on ne voit pas tous les parquements. » Ceux au large sont encore sous l’eau. Il faudra attendre la prochaine marée basse, d’ici quinze jours à un mois. « S’il n’y a plus rien à récupérer, ça représentera une perte de plus de 30 tonnes », déplore Alain Pourtier.
En attendant, ils ont 48 heures pour remettre les poches à l’eau et limiter les pertes.
Des stagiaires de la maison familiale de la Haye-du-Puits sont venus en renfort. « Malgré tout, il y aura de la mortalité : la moitié des poches ensablées sera à jeter ». Des huîtres qui devaient être prêtes pour Noël.

La section régionale est venue constater les dégâts pour enclencher la procédure de reconnaissance de calamité agricole. Difficile de chiffrer les pertes pour le moment. « Ça concerne une dizaine d’hectares à Saint-Germain-sur-Ay et Rochemont. Les parcs les plus au large ont le plus souffert ». En cause : les conditions climatiques très spécifiques. Outre le vent fort et la marée haute, « le baromètre était très bas, donc la mer ne s’est pas retirée tout de suite. Elle a tapé sur les parcs pendant plus d’une heure, tout en brassant le sable et la vase ».

Un mouvement de solidarité va être lancé pour la prochaine marée « comme nous l’avions déjà fait à Utah Beach l’année passée », précise Louis Teyssier, vice-président de la section régionale. « Les installations risquent d’être très difficiles à dégager. »

Ingrid BRUNSCHWIG.


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