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Les passionnés, des vigies de la nature

Dernière mise à jour le jeudi 17 avril 2014

Article paru
sur le site "le figaro" - 00 avril 2012
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Énumérer les plantes qui poussent entre les pavés des villes, photographier des insectes pollinisateurs en pleine action, compter les oiseaux qui prennent leur aise dans les jardins publics, recenser les écureuils dans les forêts… Tous les amoureux de la biodiversité sont conviés pour participer à la nouvelle saison de Vigie-Nature. Objectif ? « Comprendre comment la biodiversité se recompose face aux changements globaux, qu’ils soient liés à l’urbanisation, aux pratiques agricoles, au changement climatique », explique Thomas Grenier, le directeur du Muséum national d’histoire naturelle.

L’opération vise à marier intelligemment le plaisir des uns à la rigueur scientifique des autres. Cette forme de « science participative » permet aux chercheurs d’obtenir des centaines de milliers de données collectées sur la base de règles bien précises, qu’ils ne seraient pas en mesure d’avoir autrement et ainsi d’analyser des évolutions d’espèces animales ou végétales. « Ce genre de programme émerge partout dans le monde », explique Romain Julliard, le directeur scientifique de l’initiative.

Vigie-Nature a fait ses premiers pas en 1989 avec le programme Stoc (Suivi temporel des oiseaux communs). Mais il a fallu attendre 2006 pour que de nouveaux programmes français voient le jour. Ce fut d’abord l’Observatoire de la biodiversité des jardins qui recense papillons et escargots. Les premiers résultats sont d’ailleurs assez inquiétants puisqu’ils laissent apparaître une diminution de 40% de l’indice d’abondance des espèces de papillons. « Des chiffres qu’il faut toutefois prendre avec précaution faute d’un recul suffisant », rappelle-t-on au Muséum. Il en va ainsi du vulcain. Il y en a beaucoup moins en France comme en Angleterre depuis 2006. Mais si l’on se réfère à la période de recensement anglaise qui est beaucoup plus longue (1976-2010), on constate alors une hausse de 297%.
La rue d’Ile-de-France la plus riche en biodiversité

Cette année, le Muséum lance avec la participation de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) l’Observatoire des oiseaux de jardins pour 52 espèces (le site Internet sur lequel s’inscrire ouvre le 1er avril). « Nous souhaitons savoir quand et pourquoi les oiseaux visitent les jardins » souligne Frédéric Jiguet en charge de ce programme au Muséum. L’autre nouveauté de 2012 s’intitule 50.000 observations pour la forêt. L’idée cette fois-ci est d’obtenir des informations sur des espèces emblématiques appartenant à quatre grandes familles : les vertébrés (écureuil, lézard vert, orvet...), les gastéropodes (hélice des bois, limace...), les papillons de jours (Robert-le-diable, Tabac d’Espagne…), les coléoptères (carabe doré, Rosalie alpine, petit ou grand capricorne…).

Enfin, le programme Spipoll (suivi photographique des insectes pollinisateurs) se poursuit. 40.000 photographies ont d’ores et déjà été recensées représentant 463 espèces différentes d’insectes floricoles. Le programme Sauvages de ma rue entame quant à lui sa deuxième année en s’ouvrant après Paris et sa région à toutes les grandes villes de France. L’an dernier, 330 trottoirs ont été passés au peigne fin en Ile-de-France permettant de recenser 120 espèces. « La rue la plus riche en biodiversité de toute l’Ile-de-France était le passage des deux-portes dans le XXe arrondissement, avec 35 espèces sur seulement 70 mètres ! » raconte Nathalie Machon, professeur au Muséum et responsable du programme.

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