21 février : Un naissain famélique21 février : Tara Océans : retour d’expédition à Lorient le samedi 31 mars21 février : Le Gulf Stream imperturbable face au réchauffement climatique21 février : La surpêche coûterait des milliards d’euros et des milliers d’emplois à l’UE 21 février : Les herbiers marins : des organismes géants, anciens mais menacés21 février : De la déforestation due à l’Homme dès les années -3000 en Afrique21 février : Les zones humides : indispensables purificateurs d’eau21 février : EMR : Enquête publique en vue de l’adaptation du port de Cherbourg21 février : Le chinchard, un poisson en danger21 février : Une bouée intelligente pour comprendre la mer21 février : Investissements d’avenir : résultats des appels à projets Carnot P.M.E. et Carnot International21 février : Toujours inquiétant sauf pour le hareng21 février : Pôle Nord 2012. En route vers la banquise21 février : La pêche en mer sous haute surveillance21 février : À Lannion, l’extraction de sable fait des vagues21 février : Un nouvel écolabel français pour une pêche durable20 février : Bruno Le Maire aux Sables : « Je crois en l’avenir de la pêche française »20 février : Google Earth, un outil pour surveiller l’aquaculture14 février : « Il est urgent de construire des bateaux neufs »14 février : Record battu pour un voilier robotisé14 février : L’Homme déjà responsable de la déforestation il y a 3.000 ans14 février : Ostréiculteurs : « Nous, c’est la double peine »13 février : Biodiversité : NKM finance des projets dans les outre-mer13 février : Océanopolis fait son carnaval ! 2012 à Brest / Finistere13 février : Il faudra 10 ans pour tirer les leçons de l’expédition Tara-Océans13 février : La ville de Concarneau dit « non » à la Thalassa13 février : L’ANR reporte l’appel à projet Contaminants et environnement13 février : Roger Genet est réélu à la tête de l’Alliance AllEnvi13 février : Energies renouvelables : les grands énergéticiens français aux manettes13 février : Simeo : des bouées autonomes pour étudier les vertébrés marins13 février : Concarneau. La municipalité ne veut pas du navire Thalassa dans le port13 février : Requins en danger en Méditerranée : l’UE accusée de manquer à ses engagements13 février : Des chercheurs prouvent les effets néfastes du bruit des navires sur la santé des baleines13 février : La stratégie nationale pour la biodiversité "en ordre de marche"13 février : Le plus vieil organisme du monde aurait 80 000 ans, minimum…13 février : Planète Terre : une émission de France Culture8 février : Un parc marin sur le Bassin8 février : La géophysique se dote d’une très grande infrastructure de recherche, RESIF8 février : Vers une bouée "intelligente" à l’écoute des poissons et des oiseaux en mer8 février : Les parcs éoliens offshore bientôt équipés de bouées pour étudier les poissons8 février : Michel Ségonzac : « Sans ces bactéries, on n’aurait pas "Les Experts" ! »8 février : Algues, la nouvelle vague ? (entretien original)8 février : Au Mont Saint Michel, la mer commence à regagner du terrain7 février : La recherche océanographique se met à flot en Méditerranée7 février : Pêche. Bruno Le Maire se prononce en faveur de quotas européens de 5 ans7 février : EN IMAGES. Un crustacé géant découvert7 février : Au cœur des sources hydrothermales les plus profondes7 février : En 2013, les petits métiers pourraient avoir l’autorisation de pêcher le thon rouge7 février : Les Mercredis de l’Institut océanographique de Paris /La biodiversité marine : une richesse sans fond ?6 février : Un nouvel outil pour la qualité des eaux6 février : Ophiures. Ces étoiles mangeuses d’algues vertes6 février : Le robot met les voiles6 février : Pêche durable : naissance d’un écolabel6 février : Le Mont-Saint-Michel redevient peu à peu une île6 février : Peuple des Dunes écrit au ministre de l’Agriculture31 janvier : Un chalut allégé et plus fluide dans l’eau pour économiser 17 % de gasoil31 janvier : La biodiversité marine de Bretagne31 janvier : Brest. 1,5 million d’euros pour agir en mer d’Iroise en 201231 janvier : VAIMOS, le robot voilier intelligent, établit un nouveau record de distance31 janvier : Pew préconise la mise en œuvre de réformes à la réglementation de la pêche en eau profonde de l’Union Européenne31 janvier : Un million de clics contre la pollution des mers par le plastique31 janvier : Les migrations des tortues mieux connues26 janvier : Pêcheurs de Bretagne veille sur le stock de cabillaud26 janvier : L’André Malraux, navire de recherche archéologique baptisé à La Ciotat26 janvier : La hausse du pouvoir d’achat en Asie, menace pour les poissons de mer26 janvier : Les renouvelables, vedettes des Assises de l’énergie26 janvier : Microalgues : la recherche continue pour rendre compétitif ce biocarburant26 janvier : Bulgarie : la pêche d’esturgeons interdite26 janvier : Surmortalité des huîtres - la recherche dégage des pistes26 janvier : Une université de la biodiversité sera créée en Guyane26 janvier : A la recherche des premières traces26 janvier : Toulon : l’une des plus belles épaves du monde va livrer son secret26 janvier : Un forage pour percer les secrets du Golfe du Lion26 janvier : Lanildut, le grand port des faucheurs de goémon26 janvier : TK Bremen.Nouvelle pollution aux hydrocarbures26 janvier : Diatribe contre les écolos26 janvier : Brest - Capitale des sciences et technologies de la mer26 janvier : Les promesses des créatures de l’extrême26 janvier : La vie foisonnante des abysses26 janvier : Santé. Attention à certains poissons d’eau douce26 janvier : Hydrolienne. Premier bilan après trois mois d’immersion26 janvier : C’est l’heure d’un premier bilan pour le label MSC après 10 années d’existence18 janvier : Natura 2000 en mer. 2012 année décisive18 janvier : L’hydrate de méthane : le nouveau pétrole ?18 janvier : Renouvelables : Jean-Louis Mathias prend les rênes d’EDF EN18 janvier : Un cadeau empoisonné ?18 janvier : Les geysers sous-marins les plus profonds du monde grouillent de vie18 janvier : La Bretagne veut vite tourner la page du "TK-Bremen"18 janvier : Des bactéries dévoilent la vie méconnue de la croûte océanique18 janvier : Dans les profondeurs des océans, la course aux richesses métalliques est lancée…18 janvier : Theix. Pêcheurs et ostréiculteurs dénoncent le rejet des vases en mer18 janvier : Algues vertes : « un risque pour l’image de la baie »16 janvier : Le changement climatique pourrait être positif pour les albatros16 janvier : Extraction de sable. Le Peuple des dunes Trégor réagit16 janvier : Le département aime les énergies marines16 janvier : Dix candidatures pour 600 éoliennes en mer16 janvier : Les énergies marines sont prêtes pour le jour J16 janvier : Un centre d’essais d’hydroliennes à Bordeaux16 janvier : Fonds marins. Les geysers sous-marins grouillent de vie16 janvier : Bain bien chaud pour les crevettes inconnues16 janvier : TK Bremen. Des fonds de cuve s’échappent dans la mer16 janvier : Extraction de sable. La CAN défend son projet16 janvier : Nouvelle-Zélande : trois mois après, le cargo échoué s’est brisé
Accueil du site > Actualités de la mer > Les promesses des créatures de l’extrême

Les promesses des créatures de l’extrême

Dernière mise à jour le jeudi 26 janvier 2012

Article paru sur le site "Les Echos" - Lundi 23 Janvier 2012
Visualiser l’article original



Les promesses des créatures de l’extrême

Paul Molga

C’est bien connu : la nature a horreur du vide. Pas la moindre faille, pas le plus petit interstice, pas un lopin de terre ni un fonds marin n’échappe à la vie terrestre, si petite soit-elle, y compris dans les milieux les plus hostiles, souvent même mortels pour l’immense majorité des êtres vivants. Les scientifiques ont baptisé les masochistes qui y logent du nom d’« extrêmophiles ». Car ils se délectent des environnements les plus insupportables : rivières acides, lacs ultra salés, grottes obscures, sources brûlantes, gisements de métaux lourds, grands fonds... Les chercheurs viennent même d’en découvrir, bien vivants, batifolant dans la piscine de refroidissement d’un réacteur nucléaire !

L’inventaire de ces curiosités s’enrichit chaque jour de nouveaux spécimens, notamment dans la famille des tardigrades, des bestioles millimétriques increvables aux formes empotées qui pourraient sortir d’un manga. Plusieurs centaines d’espèces ont déjà été identifiées un peu partout sur la planète. Leur obsession à survivre est inouïe : elles peuvent supporter des amplitudes thermiques invraisemblables, du zéro absolu à 380 ° C, des pressions colossales et des milieux d’hydrogène sulfuré.

Pour tester leurs limites, des chercheurs suédois de l’université de Kristiangard leur ont trouvé une place à bord d’une fusée Soyouz. Soumis au vide spatial et au rayonnement ultraviolet (1.000 fois supérieur à celui de la surface terrestre) qui aurait dû détruire leurs chromosomes, la plupart de ces passagers ont survécu, alimentant la thèse de leur origine extraterrestre, juchée sur le dos d’une météorite tombée sur notre planète. « Aucune condition de vie sur Terre n’aurait pu forcer autrement une telle adaptation », estime Alain Couté, systématicien au Muséum national d’histoire naturelle. En isolant les mécanismes moteurs de ces capacités, dont la cryptobiose qui permet à ces créatures d’échapper aux stress physiologiques extrêmes, l’équipe scandinave d’Ingemar Jönsson imagine par exemple en tirer le moyen de protéger les cellules saines de l’organisme humain lors des soins de radiothérapie.

Champignons antipollution

Car les extrêmophiles offrent aux chercheurs des champs d’investigation inexplorés. Spécialiste de la microbiologie des sols à l’IRD (Institut de recherche et de développement), Robin Duponnois a isolé des champignons mycorhiziens qui stimulent la production de bactéries (les Pseudomonas fluorescent) pour réduire la mobilité des métaux lourds dans le sol où ils vivent. Un brevet a été déposé. En utilisant ces facultés, les ingénieurs agronomes ont déjà revégétalisé des sites très contaminés : une ancienne mine de plomb au Maroc, une autre de nickel-cobalt à Madagascar...

« Grâce à ces organismes, les techniques de phytostabilisation ont franchi un cap », résume le chercheur.

Quelles autres surprises attendent encore les scientifiques dans les bains de l’enfer ? En fouillant les sédiments du lac Mono en Californie, Felisa Wolfe-Simon, chercheuse en astrobiologie à l’Institut de géophysique américain, et Ariel Anbar, de l’université de l’Arizona qui avaient publié en 2009 des travaux émettant l’hypothèse que l’arsenic puisse se substituer au phosphore dans des formes précoces de vie sur Terre, viennent de prouver leur théorie en ramenant dans leurs filets une bactérie bouleversant nos connaissances sur l’origine de la vie. Car non seulement cet organisme, baptisé « GFAJ-1 » peut survivre à ce poison violent, mais il en incorpore des éléments dans son ADN, utilisant l’arsenic comme un bloc de construction. « Nos connaissances fondamentales vont s’en trouver bouleversées », estime la Nasa, qui finance leurs travaux.

En 2006 déjà, l’équipe Inserm de Miroslav Radman avait découvert les mécanismes par lesquels la bactérie Deinococcus radiodurans était capable de littéralement ressusciter, jetant par là même les bases d’une médecine régénérative. Soumis au rayonnement gamma à des doses 5.000 fois supérieures à celle mortelle chez l’homme, leur information génétique est pulvérisée. Il suffit pourtant de quelques heures à cet organisme pour reconstituer son patrimoine.

Mécanismes de survie

« La Terre doit encore abriter de nombreuses niches de vies parallèles qui ont pu évoluer à l’abri du monde et développer des stratégies de survie inédites », estime Jean-Robert Petit, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (CNRS-l’université Joseph-Fourier). Il a acquis cette conviction lors d’une récente mission de forage en Antarctique, d’où il a retiré un prélèvement sédimentaire du lac fossile de Vostok, à 3.700 mètres de profondeur. Dans son échantillon : la trace ADN d’une bactérie autotrophique fonctionnant à partir d’hydrogène et de carbonate de roche, présente dans ces profondeurs depuis sans doute 30 millions d’années, avant la formation de la calotte polaire.

C’est également le cas de Geitleria, une algue fossile âgée de plus de 150 millions d’années, qui a trouvé refuge dans les fonds obscurs de plusieurs grottes aux quatre coins de la planète. Moins de trois quarts d’heure d’exposition à la lumière, même infime, suffisent à son métabolisme pour fabriquer des réserves d’amidon pour un an.

« Ces mécanismes impensables permettent d’envisager des scénarios jusqu’alors réservés aux auteurs de science-fiction, rêve Alain Couté. Comme créer un gel de résistance aux grands froids, des poudres de décontamination nucléaire, des cosmétiques de régénérescence cutanée, des rétines capables de lire dans le noir. » L’inventaire de l’improbable commence à peine.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP