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Littoral. Les laminaires bretonnes sont-elles malades ?

Dernière mise à jour le vendredi 12 septembre 2008

Le Télégramme - 12 septembre 2008


Littoral. Les laminaires bretonnes sont-elles malades ?

L’observation de nécrose sur une espèce d’algues sous-marines, emblématique de la région, interroge les scientifiques qui lancent un appel à l’observation.

Après une étude de la station de biologie marine de Concarneau, Sandrine Derrien, chargée de recherche, de l’étude et du suivi de la faune fixée et des algues en milieu sous-marin, a pu observer, cet été, que les laminaires sous-marines n’étaient pas « comme d’habitude ». À Ouessant, à la pointe du Van et aux Glénan, les extrémités de 100 % des algues Laminaria hyperborea adultes observées étaient nécrosées.

Espèce emblématique aux nombreuses qualités
L’espèce Laminaria hyperborea, vivant en eau froide, est une grande algue brune qui se développe dans les fonds marins. Espèce emblématique des fonds sous-marins de la région où elle reste présente, après avoir presque entièrement disparu en France. Cette algue présente de grandes qualités. « C’est une espèce pluriannuelle qui constitue pour de nombreuses autres espèces, algues ou poissons, un habitat qui perdure », explique Sandrine Derrien. Sa tige, à la surface rugueuse, permet également à beaucoup d’espèces uniques, de se développer.
« Ce micro-habitat est, pour nous, un important indicateur de changement dans l’écosystème, notamment en lien avec les changements climatiques », note-t-elle. Lorsque l’espèce disparaît, elle est remplacée par une algue opportuniste et annuelle, le Saccorhiza polyschides, qui n’apporte qu’un habitat temporaire.

Origine bactérienne ?
La nécrose des extrémités des Laminaria hyperborea a déjà été observée en 1985 par un groupe de plongeurs. À cette époque, la piste d’une cause bactérienne avait été privilégiée. Le phénomène ayant disparu un an après, le dossier en était resté là. Dans ce nouveau cas, le phénomène observé fin juin et en juillet ne peut être lié à un phénomène mécanique comme les tempêtes de mars. « Aujourd’hui, nous suspectons plutôt une cause bactérienne, mais les observations sont encore en cours », souligne Sandrine Derrien. « Face à ce constat, je lance un appel aux plongeurs pour observer les laminaires, nécrosées ou pas », remarque la chercheuse. À partir de ces observations et d’analyses, un pronostic plus précis sera donné en octobre. Une note positive, souligne Sandrine Derrien : « Nous avons pu aussi observer un nombre de jeunes laminaires particulièrement important, la relève est peut-être assurée ». Affaire à suivre.

Pratique
Pour transmettre les informations, s’adresser à Sandrine Derrien : derrien@mnhn.fr
Sophie Desplancques



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