Dernière mise à jour le lundi 23 août 2010
Le Monde.fr - Vendredi 20 Août 2010
Les victimes de la marée noire dans le golfe du Mexique devront renoncer à poursuivre BP si elles veulent toucher une indemnisation de la part du géant pétrolier. C’est ce qu’indique vendredi 20 août le New York Times, citant des documents internes utilisés par des avocats chargés de la gestion du fonds d’indemnisation de 20 milliards de dollars mis en place par le groupe. Le quotidien assure qu’entreprises et particuliers, victimes de la marée noire catastrophique qui a touché le golfe du Mexique, n’obtiendront leur argent que s’ils acceptent de signer une déclaration finale pour renoncer à leurs droits.
Les journalistes indiquent également que ce système de compensation devrait en partie être basé sur la proximité géographique des victimes indemnisées. Cela seulement si les bénéficiaires de cette manne renoncent à poursuivre au moins trois autres acteurs impliqués dans la catastrophe, selon la déclaration à signer.
UNE REDITE DU 11 SEPTEMBRE 2001
Sont concernés : Transocean, le propriétaire de la plate-forme Deepwater Horizon, à l’origine de la marée noire ; Halliburton, qui a cimenté le puits ; et Cameron International, qui avait fourni un équipement supposé refermer le puits après l’explosion de la plate-forme, mais qui a échoué.
Les dirigeants de BP ont créé ce fonds d’indemnisation de 20 milliards de dollars à la suite d’un entretien à la mi-juin avec le président Barack Obama, un mois avant que la fuite ne soit stoppée au fond de l’océan. Ce fonds, uniquement alimenté par l’argent du groupe pétrolier, est administré par Kenneth Feinberg, qui avait déjà géré un fonds similaire pour indemniser les victimes des attaques du 11 septembre 2001.
Les victimes des attentats du World Trade Center avaient à l’époque déjà fait face à un choix comparable : aller en justice en risquant de se lancer dans une bataille longue et difficile ou renoncer à leurs droits, sans connaître l’impact final de la catastrophe.