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Moules. Les daurades royales attaquent

Dernière mise à jour le vendredi 3 octobre 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 02 octobre 2014
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En quelques jours, un énorme banc de daurades royales a dévasté les cordes à moules du fond de la rade de Brest.
Plus de 200 tonnes de moules adultes et juvéniles ont été englouties au grand dam des deux exploitants concernés pour la première fois par cette attaque en règle.

Connus par les meilleurs pêcheurs à la palangre du secteur, les « royales » avaient déjà fait parler d’elles en baie de Tinduff, dans le secteur de l’entrée de la rivière de Daoulas, autour des moules de bouchot et des jeunes huîtres. Cette fois-ci, le banc qui a nettoyé en quelques jours les cordes à moules de la rade n’a pas fait dans la dentelle.
Un deuxième coup dur après la fermeture des parcs à moules en juin-juillet pour présence d’algue toxique alexandrium. La prédation de cette fin d’été aurait eu moins de conséquences si les moules avaient pu être récoltées à temps. Le choc en profondeur 9 août dernier. La surprise est totale à la remontée des premières cordes complètement nettoyées.
Camille Omnes, de la société Liorzhou Armor, n’en croit pas ses yeux, ni ses oreilles lorsque, n’y tenant plus, il va voir ce qu’il se passe 6 m en dessous. Le bruit de centaines de dents broyant les coquilles de moules surprend l’employé, par ailleurs habitué à chasser en apnée. « Je n’avais jamais entendu une chose pareille ». En descendant quelques mètres, il découvre des dizaines puis des centaines et des milliers de daurades royales de belle taille affairées à croquer les moules accrochées aux cordes. Au cours d’une de ses plongées, il découvre, les yeux écarquillés, un banc de plusieurs mètres de hauteur sur plus d’une centaine de mètres. Les plus gros individus dépassent les 7 kg et mesurent jusqu’à 80 cm de longueur ! L’appétit des daurades grainées semble sans limite.

Les dégâts sont considérables avec des individus capables d’engloutir jusqu’à 10 % de leur poids par jour ! L’employé se rend compte que les daurades arrêtent de s’alimenter lorsqu’il s’approche et actionne son fusil. Le bruit semble les perturber. Les spécialistes de l’Ifremer mettent rapidement à disposition un sonar spécialement conçu qui permet de limiter la prédation (lire ci-contre). 400.000 € de préjudice Les conditions exceptionnelles de cet été ont apparemment favorisé leur développement et leur nourrissage en rade. Elles y ont trouvé de l’eau chaude et saumâtre comme elles aiment. Plutôt habituées à trouver leur nourriture sur le fond, elles se sont adaptées à la configuration des cordes en suspension, entre un et 6 m de profondeur. Un huissier de justice est venu constater les dégâts sur les deux parcs (50 tonnes et 110 tonnes avalées). Le préjudice financier a été estimé à 400.000 €. Rageant pour les deux exploitations produisant une moule réputée, à la croissance rapide et avec une belle stabilité de chair tout au long de l’année.
Pour Christophe Callewaert de « Cap au large-Kys Marine », le plus touché par cette attaque, l’efficacité du sonar a largement été prouvée. « Lorsque l’engin est tombé en panne, la prédation a repris ». Prenant les devants, le maire de Landévennec, Roger Lars, a invité les pêcheurs à capturer la daurade autour des concessions. Mais bon nombre de plaisanciers sont venus accrocher leurs hameçons dans les filières après s’être amarrés aux flotteurs des exploitations. Deux navires professionnels ont tourné cet été dans le secteur, en prélevant quelques dizaines d’individus vendus jusqu’à 35 € du kilo en poissonnerie.
Jusqu’à 30.000 poissons

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