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Ormeau. La licence coince à Ouessant

Dernière mise à jour le dimanche 9 février 2014

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 06 Fevrier 2014
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Ça chauffe autour d’une licence professionnelle de pêche à l’ormeau à Ouessant ! Le parc marin d’Iroise vient d’autoriser un plongeur avec bouteille à collecter 8.400 ormeaux par an autour de l’île. Les pêcheurs loisirs ne décolèrent pas.
Mélodrame à la sauce ouessantine ! Une sauce au beurre salé évidemment, mais un beurre fondu qui pourrait bien tourner au vinaigre tant le sujet des ormeaux, sur les îles, comme le long de la côte nord finistérienne, est corsé.

Survie économique

Le parc marin d’Iroise vient d’accorder à un plongeur professionnel, installé sur l’île depuis 2008, une licence de ramassage des ormeaux en plongée. Bertrand Terkowsky de la société Scaph’Eusa a été autorisé à prélever, du 15 septembre au 31 mars, jusqu’à 8.400 pièces d’au moins 9 cm. « Avoir une activité hivernale, c’était une question de survie pour mon entreprise à l’activité très estivale (corps-morts, renflouage, services portuaires...) ». Installé depuis 2008, ce Nancéen de 35 ans, arrivé en Bretagne depuis onze ans, attendait depuis six ans cette licence de pêche. Cette autorisation va lui permettre de compléter d’environ 20.000 € un chiffre d’affaires actuellement insuffisant pour maintenir son activité sur l’île à l’année. Mais du côté des Ouessantins purs jus, le mécontentement roule aussi fort que le Fromveur par gros coefficient. « Sur l’île, il n’y a déjà pas grand-chose à faire et peu de petits plaisirs, alors si on ne trouve plus nos ormeaux, c’est le début de la fin », commentent ceux qui descendent encore entre les cailloux, les jours de grande marée.

« Pas aux mêmes endroits »

Bertrand Terkowsky tente de faire redescendre la pression. « Je ne travaillerai pas aux mêmes endroits que les pêcheurs à pied », explique le plongeur professionnel, épaulé par un jeune îlien, Guillaume-André Dulieu, qu’il compte bien continuer à salarier à l’année. « Je ne collecterai pas les ormeaux des pêcheurs loisirs », assure le professionnel qui ne sait même pas s’il atteindra le quota de cette « petite licence, une des plus faibles de Bretagne », sur les 18 licences accordées en Finistère. « Je n’ai pas le sentiment que cela fasse autant de bruit que cela à Ouessant. C’est une île vieillissante, il n’y a plus grand monde à aller pêcher l’ormeau sur l’île », estime le patron de Scaph’Eusa. « Mon activité n’aura aucun impact sur le ramassage de loisir », (20 ormeaux de 9 cm par jour de plus de 95 de marée, dans moins de 30 cm d’eau).

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