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Ostréiculteurs : « Nous, c’est la double peine »

Dernière mise à jour le mardi 14 février 2012

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Samedi 11 Février 2012
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Ostréiculteurs : « Nous, c’est la double peine »

Olivier Laban, le président des ostréiculteurs, a décrit aux élus du Bassin une situation pour le moins difficile pour l’ostréiculture arcachonnaise.

Face aux élus du Syndicat Intercommunal du bassin d’Arcachon (Siba) hier, Olivier Laban, le président des ostréiculteurs, a résumé en peu de mots la situation : « Nous, c’est la double peine : les mortalités, et pas de naissain. »

En effet, un herpès-virus décime chaque année plus de 70 % des jeunes huîtres en France, mais aussi dans le monde. Des recherches génétiques de souches résistantes sont en cours, mais en tout état de cause, « ce problème de mortalité ne sera pas réglé demain. Nous sommes, pour le moment, condamnés à vivre avec. » Mais tant qu’il y a du naissain, il y a des huîtres qui survivent. Or, le bassin d’Arcachon, qui fut le premier bassin naisseur d’Europe, ne l’est plus. Depuis quatre ans, le naissain est famélique.

Olivier Laban avait demandé à être reçu par le Siba pour parler aux élus de cet incompréhensible état de fait. Parce qu’incompréhensible est le mot : personne ne peut expliquer pourquoi « le naissain n’est plus au rendez-vous chez nous, alors qu’il l’est en Charente-Maritime, dans l’estuaire de la Gironde » et même dans le lac d’Hossegor.

Les chercheurs d’Ifremer avancent la chute brutale de la température de l’eau en juillet pour expliquer la maigre survie des larves d’huîtres dans l’eau mais butent sur un problème : pourquoi y a-t-il aussi peu de larves ? Pourquoi un si faible effort de reproduction ? « Les ostréiculteurs se rappellent de l’épisode TBT (un produit utilisé dans les peintures pour bateau qui était la cause du manque de naissain dans les années 70, NDLR), a précisé Olivier Laban. J’espère me tromper. Je ne voudrais pas qu’un dysfonctionnement soit à l’origine de ce manque de naissain. »

Faire pression sur Ifremer

Le président des ostréiculteurs a demandé aux élus du soutien pour que des programmes de recherches sur le Bassin soient mis en œuvre, pour qu’Ifremer mobilise davantage de moyens sur ce sujet. « Peut-être peut-on s’adresser à d’autres organismes qu’Ifremer ? » s’est interrogé Yves Foulon, le maire UMP d’Arcachon. « Il y a le CNRS, l’Université de Bordeaux, a répondu Olivier Laban. Ifremer a des compétences mais il faut qu’il recalibre ses budgets pour peut-être avoir des efforts d’investigation plus importants sur Arcachon. On ne peut pas se contenter de l’explication de la baisse des températures. »

Michel Sammarcelli, le président divers droite du Siba, a entendu « ce cri d’alarme » et a proposé d’écrire un courrier au PDG d’Ifremer « pour rendre le bassin d’Arcachon prioritaire dans les programmes de recherches, parce qu’il y a en effet urgence. » « C’est une bonne chose, a ajouté Olivier Laban. Et peut-être aussi faut-il rencontrer les gens de la station arcachonnaise d’Ifremer. Peut-être qu’eux aussi demanderont plus de moyens… »


Une écloserie du Bassin à l’étude

Une étude a été mise en œuvre sur l’ouverture d’une écloserie propre au bassin d’Arcachon. Mais le premier rendu de ce travail a provoqué des réticences au sein de la profession. « Les ostréiculteurs sont pour une écloserie maîtrisée par la profession », a avoué Olivier Laban, le président des ostréiculteurs d’Arcachon. « Mais à condition que ça ne les engage en rien. En clair, s’il y a du naissain, je dois quand même acheter à l’écloserie du Bassin parce que je m’y suis engagé. Une coopérative aurait du sens. Mais je ne veux forcer la main de personne sur ce sujet. Peut-être une SA privée avec quarante ou cinquante ostréiculteurs verra le jour, et pas simplement des gros. Et puis le spectre des OGM plane sur les huîtres d’écloserie. Pourtant on a aujourd’hui toutes les garanties. On fait d’excellents produits d’écloserie. Seule la ponte est maîtrisée. Après, ces huîtres sont élevées dans le milieu naturel. »



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