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Outre les abeilles, les pesticides systémiques impactent les vers de terre et les oiseaux

Dernière mise à jour le vendredi 27 juin 2014

Article paru
sur le site "Actu-environnement" - 25 Juin 2014
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Une nouvelle étude scientifique internationale démontre l’impact des pesticides néonicotinoïdes et du fipronil, insecticide de la famille des phénylpyrazoles, sur la santé des abeilles mais aussi celle des papillons, des vers de terre, des oiseaux ou encore des poissons.

Cette étude est une "méta-analyse" de tous les travaux scientifiques disponibles à ce jour, soit 800 études passées au crible. Il s’agit de la première du genre à être entreprise sur ces deux groupes d’insecticides neuroactifs. L’étude a été menée pendant cinq ans par un panel de 29 chercheurs internationaux "indépendants" dans le cadre d’un groupe de travail spécialisé sur ces pesticides dits systémiques c’est-à-dire conçus pour être absorbés par les plantes. Ce groupe conseille notamment deux commissions de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dédiées respectivement à la gestion des écosystèmes et à la survie des espèces.

Haro sur les néonicotinoïdes

"L’inquiétude" quant à l’impact des pesticides systémiques sur les espèces d’insectes "bénéfiques" telles que les pollinisateurs (abeilles et papillons) ou les vers de terre (indicateurs de la qualité biologique du sol), "n’a cessé de croître au cours des 20 dernières années", alertent les scientifiques. Des liens ayant déjà été établis "avec la destruction des habitats d’abeilles à miel", rappellent-ils.

Parmi les pesticides néonicotinoïdes étudiés par les chercheurs figurent la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta suspendus fin 2013 par la Commission européenne pour leur nocivité sur les abeilles, pendant deux ans. Ces restrictions des néonicotinoïdes prises à l’issue des avis de l’Efsa concernent le traitement des semences, l’application au sol (en granulés) et le traitement foliaire des végétaux qui attirent les abeilles y compris les céréales. Fin 2013, le fipronil, matière active du pesticide Régent de BASF, a également été interdit par l’UE pendant deux ans pour le traitement des semences de tournesol et de maïs.

"Bien que certaines restrictions aient été mises en place par la Commission européenne, les gouvernements hésitent à établir que la science est suffisamment concluante et donc à donner suite à ces conclusions en prenant des mesures", préviennent les chercheurs. Ces derniers pointent également l’impact d’autres néonicotinoïdes étudiés et restés autorisés : l’acétamipride, le dinotéfurane, le nitenpyram, la nithiazine et le thiaclopride.

En février dernier, le syndicat apicole français Unaf a dénoncé la toxicité de l’acétamipride, matière active du Suprême 20 SG (Certis Europe) utilisée pour traiter les pucerons des fruitiers, et du thiaclopride, matière active du Protéus (Bayer) utilisée sur les céréales (blé, avoine, colza, pomme de terre). Le syndicat s’était appuyé sur les travaux de Jean-Marc Bonmantin, chercheur au CNRS à Orléans (Centre de biophysique moléculaire) montrant que "la toxicité chronique de l’acétamipride et du thiaclopride était similaire aux néonicotinoïdes supendus" par Bruxelles.

Le Dr Jean-Marc Bonmatin est l’un des principaux auteurs de cette nouvelle étude. "Les preuves sont très claires. Nous sommes face à une menace qui pèse sur la productivité de notre milieu naturel et agricole et cette menace équivaut à celle que constituent les organophosphates ou le DDT. Loin de protéger la production alimentaire, l’utilisation des néonicotinoïdes menace l’infrastructure même qui permet cette utilisation, mettant en danger les pollinisateurs, les ingénieurs de l’écosystème et les antiparasitaires naturels au cœur du fonctionnement écosystémique", a-t-il alerté.

Ces néonicotinoïdes étudiés ainsi que le fipronil sont aujourd’hui "les plus utilisés dans le monde", avec une part de marché estimée à quelque 40% et des ventes de plus de 2,63 milliards de dollars US en 2011. Ils sont aussi "communément utilisés dans les traitements domestiques pour la prévention des puces chez les chats et chiens et la lutte contre les termites dans les structures en bois", précisent les chercheurs.

Des effets chroniques

Or, les effets liés à l’exposition à ces substances "peuvent être immédiats et fatals mais également chroniques", indiquent les scientifiques. Une exposition de longue durée à de faibles doses (non létales) peut également être "néfaste". "Les métabolites des néonicotinoïdes et du fipronil (les éléments en lesquels ils se dégradent) sont souvent aussi toxiques, voire plus que les matières actives envers les organismes non cibles. Tant le composé parent que certains de leurs métabolites sont capables de persister et de s’accumuler, en particulier dans le sol, pendant des mois ou des années", expliquent-ils.

Et de citer parmi les effets chroniques possibles liés aux néonicotinoïdes : la perte d’odorat ou de mémoire, une perte de fécondité, un comportement "trophique altéré" et une diminution de l’apport alimentaire, y compris un butinage "amoindri" chez les abeilles, une capacité altérée du ver de terre à creuser des tunnels, des difficultés à voler et une sensibilité "accrue" aux maladies.

L’étude a ainsi démontré que les catégories d’espèces les plus touchées étaient les invertébrés terrestres tels que les vers de terre, qui sont exposés à des niveaux élevés via le sol et les plantes, à des niveaux moyens via les eaux de surface et par lixiviation (leaching) et à des niveaux faibles via les poussières dans l’air. "Ces substances peuvent nuire à la santé tant des individus que des populations, même à de faibles doses ou en cas d’exposition aiguë". Le deuxième groupe le plus touché comprend les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.) qui sont exposés à une forte contamination par l’air et les plantes et à des niveaux d’exposition moyens par l’eau. Ils peuvent être affectés par une exposition faible ou aiguë.

Viennent ensuite les invertébrés aquatiques, comme les gastéropodes d’eau douce et les puces d’eau, "sensibles à une exposition faible et aiguë". Tandis que les vertébrés tels que les oiseaux sont "vulnérables" à des niveaux d’exposition moyens et bas via le sol, l’air, l’eau et les plantes. L’étude affirme également que les poissons, les amphibiens et les microbes sont impactés à des niveaux d’exposition élevés ou après une exposition prolongée. Concernant les mammifères et les reptiles, si les chercheurs indiquent "ne pas disposer de données suffisantes", ils n’excluent pas un impact "probable" de ces pesticides.

Planifier leur suppression progressive

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